Économie
Marseille inaugure une connexion électrique pour paquebots, une avancée technique aux effets limités


Le port phocéen devient le premier en France à pouvoir alimenter simultanément trois navires de croisière à quai. Cette infrastructure, présentée comme un progrès environnemental et énergétique, ne réduit cependant qu’une fraction des émissions du secteur.
Le port de Marseille franchit une étape significative dans l’équipement de ses quais. Désormais, trois grands paquebots peuvent y être raccordés en même temps au réseau électrique terrestre lors de leurs escales. Chaque navire peut ainsi recevoir une puissance équivalente à la consommation d’une ville de plusieurs milliers d’habitants, lui permettant d’éteindre ses moteurs auxiliaires durant son stationnement. Cette réalisation technique, financée par des fonds européens, nationaux et locaux, est présentée comme un levier pour améliorer l’image d’un secteur souvent critiqué pour son impact.
L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des nuisances portuaires et de renforcement de l’autonomie énergétique. L’électricité fournie est intégralement d’origine renouvelable, produite localement. Les autorités portuaires soulignent que cette mise en service devance de quatre ans les futures obligations européennes, qui imposeront une capacité d’alimentation à quai pour la majorité des escales de navires à passagers et de porte-conteneurs d’ici à la fin de la décennie.
Si l’impact sur la qualité de l’air à proximité immédiate des quais est tangible, avec une réduction attendue des émissions d’oxydes d’azote, l’effet global sur le bilan environnemental des croisières reste modeste. Les experts rappellent que la pollution générée à l’entrée et à la sortie du port, ainsi que durant la navigation, demeure entière. Le branchement à quai ne concernerait ainsi qu’une faible part des émissions totales d’un voyage.
La généralisation de cette pratique dépendra aussi de considérations économiques. L’adaptation d’un navire pour se connecter représente un investissement conséquent pour les armateurs, alors que le carburant marin bénéficie souvent d’un régime fiscal avantageux. Par ailleurs, des voix associatives questionnent la priorité donnée à ce secteur de loisir, estimant que les efforts publics devraient se concentrer en priorité sur le transport de marchandises. L’efficacité réelle de l’infrastructure sera donc évaluée à l’aune de son taux d’utilisation par les compagnies maritimes dans les mois à venir.





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