Europe
L’Union européenne cherche une arme commerciale face à la Chine sans mettre le feu aux poudres
Les Vingt-Sept veulent réduire leur déficit abyssal avec Pékin, qui atteint un milliard d’euros par jour. La France propose un outil inspiré des…


Les Vingt-Sept veulent réduire leur déficit abyssal avec Pékin, qui atteint un milliard d’euros par jour. La France propose un outil inspiré des États-Unis, une idée qui séduit de plus en plus, même chez les Allemands.
Le constat est sans appel. Chaque jour, l’Union européenne perd un milliard d’euros dans ses échanges avec la Chine. Un gouffre que Bruxelles explique en partie par les subventions massives que Pékin accorde à ses entreprises. Selon une enquête de l’OCDE, les sociétés chinoises ont reçu trois à huit fois plus d’aides publiques que leurs concurrentes européennes entre 2004 et 2025. Résultat, elles inondent le marché européen de produits à bas coût, menaçant des secteurs entiers comme l’automobile, la chimie ou l’acier. Face à cette concurrence jugée déloyale, les dirigeants européens tentent de trouver une riposte qui ne vire pas à la guerre économique ouverte.
La France avance une piste concrète. Emmanuel Macron propose de s’inspirer du mécanisme américain appelé « Section 301 », un outil qui permet de surtaxer rapidement et de manière ciblée les produits d’un pays accusé de pratiques déloyales. L’idée séduit de plus en plus au sein de l’UE, y compris en Allemagne, pourtant traditionnellement prudente pour ne pas compromettre ses exportations vers la Chine. Berlin se dit désormais ouvert à la discussion, à condition que les futures mesures ne visent pas un pays en particulier. Un signal fort, qui montre que la donne change. Car si l’Europe ne peut pas se couper brutalement de la Chine, elle n’a plus les moyens de rester les bras croisés.
Reste que toute action forte comporte des risques. Quand Bruxelles a imposé des surtaxes sur les voitures électriques chinoises, Pékin a répliqué en frappant le cognac, la filière porcine et les produits laitiers européens. Les représailles sont quasi certaines. Autre point sensible, la dépendance de l’UE aux terres rares et aux matières premières critiques venues de Chine. L’an dernier, des restrictions chinoises sur leurs exportations ont servi d’avertissement. Les Européens le savent, diversifier leurs approvisionnements est urgent, mais coûteux. Le chemin est étroit entre la défense des intérêts européens et le maintien d’un dialogue nécessaire avec Pékin. La majorité des Vingt-Sept semblent prêtes à durcir le ton, mais sans brûler les ponts.
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