Europe
L’UE tient bon face aux compagnies aériennes et renforce les droits des voyageurs
Après plus de dix ans de batailles juridiques et politiques, Bruxelles a décidé de maintenir les indemnisations pour les retards de vol. Les passagers…

Après plus de dix ans de batailles juridiques et politiques, Bruxelles a décidé de maintenir les indemnisations pour les retards de vol. Les passagers gardent leurs droits et gagnent même de nouvelles protections.
Le feuilleton a duré treize ans. Les compagnies aériennes ont tout essayé pour assouplir les règles sur les retards de vol. Sans succès. Lundi soir, les négociateurs du Parlement européen ont validé un accord conclu entre États membres le 12 juin. Ce texte doit encore être voté par les eurodéputés en juillet mais tout indique qu’il passera.
Concrètement, les indemnisations de 250 à 600 euros selon la distance restent en vigueur en cas de retard de plus de trois heures à l’arrivée. Une protection née d’un règlement de 2004 et renforcée par une décision de justice en 2009 qui assimile les longs retards à des annulations. Les compagnies trouvaient cette règle absurde. Elles expliquaient qu’elle les poussait à annuler les vols suivants pour éviter des indemnisations en cascade. Le ministre chypriote des Transports s’est félicité de cet accord historique. Les passagers peuvent souffler.
L’Europe va plus loin que le simple maintien des indemnités. Elle interdit aux compagnies de facturer un supplément aux parents pour garantir une place à côté de leurs enfants mineurs. Finis aussi les frais pour corriger une faute de frappe sur un nom de billet. Tous les transporteurs devront désormais afficher un prix incluant un bagage à main en cabine. Enfin, les voyageurs vulnérables comme les mineurs non accompagnés, les femmes enceintes ou les personnes handicapées seront mieux protégés s’ils arrivent en retard à l’enregistrement.
Du côté des compagnies, la déception est grande. L’organisation professionnelle Airlines for Europe prédit que les passagers seront les grands perdants. L’Association du transport aérien international, qui regroupe plus de 370 compagnies dans le monde, chiffre le coût des indemnisations à huit milliards d’euros par an. Son vice-président pour l’Europe a déploré que 99% des passagers n’en bénéficient jamais. Son directeur général a même accusé les élus européens de populisme. Il a promis d’investir davantage dans le lobbying à Bruxelles, craignant que la régulation européenne ne fasse des émules ailleurs.
Les associations de consommateurs, elles, se réjouissent. Le Bureau européen des unions de consommateurs a salué la fermeté du Parlement européen face aux tentatives de nombreux pays de réduire les droits des passagers. Le texte doit être adopté définitivement en juillet. Après treize ans de discussions, les voyageurs aériens peuvent envisager l’avenir plus sereinement.
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