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L’Europe dit oui à Trump mais garde un œil sur la sortie

Les députés européens votent ce mardi un accord commercial clé avec les États-Unis. En échange de la levée des droits de douane, ils ont imposé des…

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L'Europe dit oui à Trump mais garde un œil sur la sortie

Les députés européens votent ce mardi un accord commercial clé avec les États-Unis. En échange de la levée des droits de douane, ils ont imposé des garde-fous pour ne pas se faire piéger par les menaces de Donald Trump.

Le Parlement européen s’apprête à donner son feu vert définitif à un accord négocié l’été dernier entre l’Union et Donald Trump. Concrètement, il supprime la plupart des taxes douanières sur les produits industriels et agricoles américains. En échange, Washington a accepté de plafonner à 15% les droits de douane imposés l’an dernier sur les importations européennes. Mais ce compromis, trouvé en Écosse, laissait un goût amer à beaucoup d’eurodéputés. Depuis le retour du président américain à la Maison Blanche, les crises se sont enchaînées. Menaces sur le Groenland, attaques contre les règles numériques et environnementales de l’UE, sanctions contre un ancien commissaire européen, taxes punitives sur l’acier et l’automobile. Et Trump continue de brandir la menace de nouveaux droits de douane, comme sur le champagne français, pour faire plier Bruxelles.

Face à cette pression, les députés ont arraché des garanties solides. La principale est une clause de caducité qui fera expirer l’accord automatiquement fin 2029, soit après la fin du mandat de Trump, sauf prolongation votée d’ici là. Autre bouclier : la Commission pourra suspendre l’ensemble du pacte si les États-Unis ne suppriment pas d’ici la fin de l’année les surtaxes de 50% sur des centaines de produits contenant de l’acier ou de l’aluminium. Un vice-président de la Commission a salué une occasion de renforcer la position européenne face aux Américains. Un élu allemand de centre-gauche a insisté : grâce à ces verrous, l’UE ne cédera à aucun chantage et réagira si Washington ne tient pas ses promesses. À droite, on met en avant la stabilité pour les entreprises et les 16 millions d’emplois liés au commerce transatlantique. Une élue croate conservatrice y voit un cadre qui protège les travailleurs et rassure les investisseurs. Une autre députée libérale espère simplement éviter le pire.

Mais les critiques restent vives. À gauche, certains jugent cet accord incompréhensible et humiliant. Un élu écologiste s’indigne que l’on vole au secours de Trump alors que même la Cour suprême américaine avait remis en cause ses taxes punitives. Une députée de La Gauche y voit une énième capitulation de l’Europe face aux États-Unis. L’extrême droite est partagée entre ceux qui soutiennent le texte et ceux qui dénoncent une soumission. Les 27 États membres, dont l’approbation est aussi nécessaire, ont déjà validé le compromis fin mai. Il ne leur reste plus qu’à donner leur accord formel après le vote des députés. L’enjeu est de taille : Trump avait fixé un ultimatum au 4 juillet, jour des 250 ans des États-Unis, pour que l’UE tienne ses engagements. Le Parlement européen semble prêt à respecter ce calendrier, mais en multipliant les garde-fous.

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