Europe
Le Royaume-Uni dit stop aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans
Keir Starmer annonce une interdiction historique des réseaux sociaux pour les mineurs. Mais l’application de la mesure s’annonce complexe.


Keir Starmer annonce une interdiction historique des réseaux sociaux pour les mineurs. Mais l’application de la mesure s’annonce complexe.
Le Premier ministre britannique a mis les pieds dans le plat. Keir Starmer a déclaré lundi que le Royaume-Uni allait interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Une décision qu’il justifie par la nécessité de protéger les enfants. « Les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux. Ils facilitent le harcèlement et les abus », a-t-il affirmé depuis Downing Street. Cette annonce intervient à trois jours d’une élection cruciale pour son avenir politique. Il est de plus en plus contesté, mais il défend cette mesure comme une « étape importante » pour le pays et les familles.
Concrètement, la loi devrait être adoptée « avant Noël » pour une entrée en vigueur au printemps prochain. Les plateformes visées incluent Snapchat, TikTok, YouTube, Instagram, Facebook et X. Les applications de messagerie comme WhatsApp et Signal sont épargnées. Le gouvernement va aussi cibler les jeux vidéo et les services de streaming. Il s’agit de bloquer certaines fonctions, comme la possibilité pour un inconnu de contacter un enfant de moins de 16 ans. Ces restrictions seront activées par défaut pour les moins de 17 ans. Londres envisage même des couvre-feux nocturnes et des pauses dans le défilement automatique pour les moins de 18 ans. L’utilisation de chatbots IA simulant des relations sexuelles sera interdite aux mineurs.
Cette annonce fait suite à une consultation nationale massive. Environ 116 000 personnes ont participé, dont 91 % des parents favorables à l’interdiction. Mais tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde. L’organisation TechUK, qui représente les plateformes concernées, craint que la mesure ne « déplace le problème plutôt que le résoudre ». Keir Starmer reconnaît lui-même que l’application sera difficile. Il y a un risque de contournement par les enfants. Mais il insiste : « Les lois sont aussi l’expression de nos valeurs ». Des directeurs d’école réclament des vérifications d’âge vraiment efficaces. Le régulateur des médias, l’Ofcom, se dit prêt à collaborer. Le débat divise aussi les familles. Ian Russell, dont la fille de 14 ans s’est suicidée après avoir vu des contenus dangereux, s’oppose à une interdiction qui créerait un « faux sentiment de sécurité ». À l’inverse, Esther Ghey, dont la fille transgenre Brianna a été assassinée en 2023, soutient la mesure. L’association Internet Watch Foundation salue l’initiative mais appelle à continuer de faire pression sur les géants de la tech pour qu’ils conçoivent des plateformes plus sûres dès le départ.
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