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Los Angeles la diaspora iranienne veut transformer les matchs du Mondial en tribune politique

Pendant la Coupe du monde 2026, des milliers d’exilés iraniens comptent bien profiter de l’attention médiatique pour dénoncer le régime de Téhéran. Leur…

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Los Angeles la diaspora iranienne veut transformer les matchs du Mondial en tribune politique

Pendant la Coupe du monde 2026, des milliers d’exilés iraniens comptent bien profiter de l’attention médiatique pour dénoncer le régime de Téhéran. Leur cible l’équipe nationale qu’ils refusent de considérer comme la leur._

Dans les rues de Los Angeles, un drapeau particulier devrait flotter lundi autour du stade où l’Iran affronte la Nouvelle-Zélande. Il s’agit de l’ancien emblème du pays, celui d’avant la Révolution islamique de 1979, avec un lion et un soleil sur fond vert, blanc et rouge. Pour Sara Barahman, une étudiante irano-américaine de 22 ans, ce geste est un pied de nez au régime. Elle fait partie des manifestants qui prévoient de brandir cette bannière, quitte à faire interrompre le match. L’équipe iranienne a menacé de quitter la pelouse si ces drapeaux pénètrent dans l’enceinte. Mais Sara ne cède pas. Elle explique que pour elle et beaucoup d’autres, cette sélection ne représente pas la nation. Elle incarne le gouvernement islamique, pas le peuple. Peu importe le résultat sportif.

Ce mécontentement puise ses racines dans un contexte explosif. Fin février, une guerre éclate entre l’Iran d’un côté, les États-Unis et Israël de l’autre. Le parcours de l’équipe iranienne vers le Mondial en Amérique du Nord en est chamboulé. Incertaine de sa participation jusqu’au dernier moment, elle doit finalement installer son camp de base à Tijuana, au Mexique, et non à Tucson comme prévu. Les États-Unis refusent aussi des visas à une quinzaine de membres de son encadrement. On pourrait croire que jouer à Los Angeles, surnommée “Tehrangeles” à cause de sa forte communauté iranienne, serait un réconfort. Mais la diaspora californienne compte en réalité une majorité d’opposants à la République islamique. En janvier, après une répression sanglante d’un soulèvement populaire en Iran, des milliers d’exilés avaient déjà manifesté dans les rues de Los Angeles avec le drapeau au lion et au soleil.

Les organisateurs préparent une action massive. Mohasseb, un professeur d’ingénierie de 65 ans, affrète des bus depuis toute la Californie pour rassembler 40 à 50 000 personnes autour du stade. Mais le règlement de la FIFA interdit les accessoires politiques dans les enceintes. Le ministre iranien des Sports a prévenu que l’équipe arrêterait le match si l’interdiction n’est pas respectée. Certains manifestants contournent déjà la règle en imprimant l’ancien drapeau sur un t-shirt, qu’ils comptent dévoiler une fois à l’intérieur. Iman Foroutan, un militant de 68 ans du comté d’Orange, doute que la FIFA puisse expulser tout le monde ou interrompre le match pour ça. Il qualifie les joueurs de “traîtres” qui saluent des meurtriers en chantant l’hymne du régime. Ce même hymne avait déjà été hué lors du Mondial 2022 au Qatar, après la mort de Mahsa Amini. Pourtant, tous ne partagent pas cette colère. Ali Eslami, un Irano-Américain venu soutenir la sélection à Tijuana, anticipe une ambiance très lourde. Il se sent mal pour les joueurs, soumis à une pression extra-sportive énorme. Il sait que dans une telle situation, lui-même ne pourrait pas fonctionner.

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