Culture
L’Opéra de Paris dévoile une saison ambitieuse entre création littéraire et rénovation patrimoniale


_**La prochaine programmation de l’institution, présentée ce jeudi, marie audace contemporaine et hommage aux classiques, tout en annonçant d’importants chantiers pour ses sites historiques.**_
La saison 2026-2027 de l’Opéra national de Paris s’annonce sous le signe de la diversité et de la transformation. Trente-deux spectacles se répartiront entre le Palais Garnier et l’Opéra Bastille, mêlant répertoire et créations inédites. Parmi les sept nouvelles productions lyriques figure une adaptation attendue du roman « Miroir de nos peines » de Pierre Lemaitre. Cette commande, portée par la soprano Vannina Santoni et mise en scène par Mariame Clément, sera portée musicalement par le compositeur espagnol Hèctor Parra. Elle plongera le public dans la France du printemps 1940, sur les routes de l’exode.
Le public wagnérien sera également comblé par la présentation du « Crépuscule des dieux », dernier volet de la tétralogie, avant un festival consacré à l’intégralité de « L’Anneau du Nibelung » à l’automne. Cet événement s’accompagnera d’une exposition et de conférences. Par ailleurs, la cheffe Nathalie Stutzmann fera ses débuts à la tête de l’orchestre de l’institution pour une production de « Werther » de Massenet.
Côté ballet, treize programmes alterneront pièces patrimoniales et signatures contemporaines. Le répertoire accueillera des œuvres de Rudolf Noureev ou Pina Bausch, tandis que de nouveaux chorégraphes feront leur entrée. La Britannique Cathy Marston créera une pièce sur pointes évoquant la relation entre George Sand et Frédéric Chopin, et le Suédois Johan Inger proposera une relecture de « Giselle ». Cette saison sera aussi celle des adieux de l’étoile Dorothée Gilbert, qui prendra sa retraite en octobre dans « L’Histoire de Manon ».
Cette programmation dense précède une période de mutations importantes pour l’institution. Dès l’été 2027, le Palais Garnier engagera des travaux de rénovation majeurs, entraînant la fermeture de sa scène pour deux années. Le monument restera accessible aux visiteurs et certaines représentations se déporteront hors les murs. L’Opéra Bastille connaîtra à son tour une fermeture temporaire à partir de 2030. L’ensemble de ces chantiers, incluant également la modernisation de l’École de danse de Nanterre et des ateliers de Berthier, représente un investissement de 460 millions d’euros.
L’institution aborde cette nouvelle phase avec des indicateurs financiers solides, ayant clôturé l’année 2025 avec un léger excédent. Son directeur général a par ailleurs souligné un taux de fréquentation exceptionnel, avoisinant les 97% depuis la rentrée dernière, confirmant l’attractivité durable de la programmation parisienne.





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