Politique
Un juge, un banquier et un scandale qui embrase le Brésil avant la présidentielle
Des messages saisis entre un financier en prison et un juge de la Cour suprême plongent le pays dans une crise politique majeure. Lula réclame une enquête…


Des messages saisis entre un financier en prison et un juge de la Cour suprême plongent le pays dans une crise politique majeure. Lula réclame une enquête qui n’épargne personne, alors que le camp Bolsonaro tente de capitaliser sur l’affaire.
La plus haute juridiction du Brésil est ébranlée par une affaire où l’argent et la justice se mélangent au plus haut niveau. Un rapport de police rendu public sur décision du juge André Mendonça a mis au jour des conversations entre Daniel Vorcaro, ancien dirigeant de la Banco Master, et Alexandre de Moraes. Ce dernier est le magistrat qui a conduit le procès de Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Dans ces échanges, le banquier parle au juge avec une familiarité troublante.
Daniel Vorcaro a vu son empire s’effondrer en 2025. Sa banque a laissé derrière elle plus de sept milliards d’euros de dettes et des centaines d’investisseurs ruinés. Lui-même est détenu dans le cadre d’une enquête pour malversations. Les messages révèlent un homme qui cherchait des appuis bien au-dessus de la sphère des affaires. Il écrit notamment à Alexandre de Moraes que les deux hommes sont ensemble pour toujours et lui promet une reconnaissance infinie. Il demande aussi au juge s’il doit quitter le pays dès le lundi suivant. Les éventuelles réponses du magistrat n’apparaissent pas dans le rapport.
Le document pointe également un contrat signé entre la Banco Master et le cabinet d’avocats de l’épouse de Moraes. Un projet de contrat retouché par le juge lui-même, pour un montant de 130 millions de réais, soit près de 22 millions d’euros. Le cabinet assure que le magistrat n’a été consulté qu’en qualité d’époux de l’avocate, pour vérifier qu’aucun empêchement légal ne s’opposait à cet accord. L’explication ne suffit pas à calmer la tempête.
Lula a mis tout le monde devant ses responsabilités. Dans une vidéo publiée sur X, le président de gauche réclame une enquête objective et annonce que personne ne doit être protégé, quoi qu’il en coûte. Il qualifie cette affaire de plus grand vol de l’histoire du Brésil. En face, la Cour suprême est traversée par des tensions internes violentes. Alexandre de Moraes demande l’ouverture d’une enquête pour abus d’autorité contre André Mendonça, tandis que le procureur général accuse ce dernier d’avoir outrepassé ses pouvoirs et réclame l’annulation du rapport de police.
Le scandale éclate au pire moment pour le pays, à quelques semaines d’une élection présidentielle qui opposera Lula à Flávio Bolsonaro, le fils de l’ancien chef d’État. Ce dernier parle d’accusations graves et juge qu’Alexandre de Moraes ne peut plus siéger à la Cour suprême si les faits sont confirmés. Mais sa propre position est fragile. Juste avant son arrestation, Daniel Vorcaro avait été sollicité par Flávio Bolsonaro pour financer un film consacré à la vie de son père. Le chef de l’opposition au Sénat va encore plus loin et réclame une procédure de destitution contre Moraes, cible constante du camp conservateur. Le juge André Mendonça, lui, compte bien faire examiner le dossier en pleine transparence devant l’ensemble de la Cour.
À lire aussi





ÉconomieEn Ligne 5 joursLe durian chasse le café des hauts plateaux vietnamiens



SportsEn Ligne 5 joursLe promu Troyes s’envole, Angers s’illumine, Auxerre s’enlise



PolitiqueEn Ligne 7 jours« Je voterai très à droite » les électeurs de Bruno Retailleau le somment de rester candidat



PolitiqueEn Ligne 7 joursFrançois Hollande écarte la primaire et mise tout sur décembre



SociétéEn Ligne 7 joursDes salariés barricadent leur usine pour empêcher un accident industriel



PolitiqueEn Ligne 6 joursSégolène Royal défie les peurs et se lance dans la primaire socialiste



PolitiqueEn Ligne 6 joursPhilippe et Hollande s’affrontent sur la fiscalité à huit mois de la présidentielle



SportsEn Ligne 7 joursVendu 140 millions, Barcola ne laisse qu’une miette à l’OL








