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Londres, nouveau terrain de jeu des taxis sans chauffeur
Des voitures sans conducteur sillonnent déjà les rues de la capitale britannique. Waymo, Wayve et Baidu se préparent à lancer leurs services dans une…


Des voitures sans conducteur sillonnent déjà les rues de la capitale britannique. Waymo, Wayve et Baidu se préparent à lancer leurs services dans une ville réputée difficile pour l’autonomie.
À Londres, les robotaxis ne sont plus de la science-fiction. Depuis plusieurs mois, des véhicules bardés de capteurs se faufilent entre les bus rouges et les célèbres taxis noirs. L’américain Waymo, la start-up britannique Wayve et le géant chinois Baidu, chacun associé à des partenaires comme Uber ou Lyft, se livrent une compétition silencieuse. Mais la capitale anglaise n’a rien à voir avec San Francisco ou Wuhan. Ses rues étroites, certaines vieilles de 2000 ans, et sa circulation dense en font un défi de taille. Wayve estime qu’il y a vingt fois plus de travaux routiers qu’à San Francisco, et dix fois plus de piétons et cyclistes.
Pourtant, les premiers essais sont encourageants. À bord d’une Ford Mustang Mach-E de Wayve, un trajet en zone résidentielle s’est déroulé sans accroc. Les passagers, d’abord impressionnés par le volant qui tourne tout seul, finissent vite par regarder leur téléphone comme dans n’importe quel VTC. Wayve prévoit d’accueillir ses premiers clients cet été, avec un superviseur humain. Waymo, déjà présent dans onze villes américaines, pourrait suivre rapidement. Baidu, associé à Lyft, testera ses robotaxis dans les prochaines semaines pour un lancement espéré en 2026. Les tarifs devraient être proches de ceux des taxis classiques au début.
Le Royaume-Uni mise gros sur ces véhicules autonomes. Le gouvernement y voit un levier de croissance capable de créer 38 000 emplois et de rapporter 42 milliards de livres d’ici 2035. La réglementation britannique est bien plus avancée qu’en Europe. Mais le public reste méfiant seuls 24% des Britanniques se sentent bien informés sur les robotaxis. Les incidents récents comme les voitures Baidu gelées à Wuhan ou le rappel de 4000 Waymo aux États-Unis rappellent les limites de la technologie. Un spécialiste de McKinsey prévient qu’un seul accident grave pourrait provoquer un retour de bâton fatal. Il cite l’exemple de Cruise, filiale de General Motors, qui a perdu toutes ses licences après avoir heurté une piétonne à San Francisco en 2023.
Du côté des taxis londoniens, l’arrivée des robotaxis ne suscite pas l’enthousiasme. Le chef de leur association les qualifie de solution à un problème qui n’existe pas. Il prédit qu’ils finiront en attraction touristique, bloqués aux carrefours à attendre que la route soit complètement dégagée. Pendant ce temps, le nombre de taxis traditionnels a chuté de 22 300 en 2009 à 14 800 en 2024, déjà secoué par l’arrivée d’Uber. La bataille ne fait que commencer.





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