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L’Inde mise sur la bouse de vache pour remplacer les engrais chimiques

La guerre au Moyen-Orient menace les approvisionnements en phosphates, et l’Inde, premier consommateur mondial d’engrais chimiques, cherche des…

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L’Inde mise sur la bouse de vache pour remplacer les engrais chimiques

La guerre au Moyen-Orient menace les approvisionnements en phosphates, et l’Inde, premier consommateur mondial d’engrais chimiques, cherche des alternatives. Des coopératives de femmes fabriquent désormais un fertilisant naturel à base de bouse de vache et de farine de pois chiche.

Sous un hangar du nord de l’Inde, des femmes mélangent bouse de vache, sucre non raffiné et farine de pois chiche. Le résultat est un engrais biologique qu’elles vendent aux agriculteurs locaux. L’initiative est née d’une double urgence. D’un côté, les sols indiens s’épuisent à force de recevoir des tonnes d’engrais chimiques chaque année. De l’autre, la guerre au Moyen-Orient perturbe l’approvisionnement en phosphates, un ingrédient clé des fertilisants industriels. Résultat, les agriculteurs craignent une pénurie d’urée, l’engrais le plus utilisé. Certains font déjà des réserves. D’autres, comme Kishan Prasad, stockent des sacs d’urée pour leurs cultures de riz, par peur de ne plus en trouver.

Mais dans l’État de l’Uttar Pradesh, une coopérative de 1050 femmes tente de changer la donne. Créée l’année dernière avec le soutien du gouvernement, elle produit un fertilisant à partir de matières premières locales. Le sac de 40 kilos coûte environ 300 roupies, soit 3,13 dollars. C’est à peine plus cher qu’un sac d’urée subventionné de 50 kilos, et beaucoup moins que l’engrais phosphaté. Les premiers retours sont encourageants. Neetu, une agricultrice de 28 ans, a testé le biofertilisant sur son mil. Elle a réduit d’un tiers sa consommation d’urée sans perdre en rendement. Elle prévoit de faire pareil pour le riz.

Les experts restent toutefois prudents. Les engrais naturels ne peuvent pas remplacer totalement les chimiques, explique Brijesh Mishra, chercheur à l’Institut indien de recherche agricole. Ce sont des compléments écologiques et économiques, mais leurs effets ne sont pas immédiats. Chaque culture nécessite une combinaison adaptée, et beaucoup d’agriculteurs, habitués aux résultats rapides, n’utilisent qu’un seul type de produit. Le chemin est encore long. Pourtant, pour les femmes de Tappal, l’enjeu dépasse la simple production agricole. Leur coopérative leur offre une indépendance économique et une fierté retrouvée. Comme le dit l’une d’elles, nos sols étaient autrefois en bien meilleure santé, nous voulons simplement retrouver cet état. Un objectif modeste, mais qui pourrait faire des émules.

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