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L’Inde coupe Telegram pour sauver son examen de médecine

Pour éviter une nouvelle fuite, New Delhi a bloqué la messagerie jusqu’au 22 juin. Des hélicoptères de l’armée transportent même les sujets.

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L'Inde coupe Telegram pour sauver son examen de médecine

Pour éviter une nouvelle fuite, New Delhi a bloqué la messagerie jusqu’au 22 juin. Des hélicoptères de l’armée transportent même les sujets.

L’Inde a restreint l’accès à Telegram mardi, quelques jours avant la reprise du très sélectif examen d’entrée en faculté de médecine. En mai, le sujet de ce test national avait fuité via des canaux de la messagerie, provoquant l’annulation de la session et un tollé général. Plus de deux millions d’étudiants se préparent chaque année pour le NEET, une compétition féroce où une simple erreur peut briser des rêves. La pression est telle que des réseaux organisés proposent des sujets à prix d’or, et c’est pour couper court à ces trafics que les autorités ont décidé d’agir.

Le ministère de l’Électronique a ordonné un blocage jusqu’au 22 juin, jour de la nouvelle épreuve. Les fonctionnalités de modification des messages resteront suspendues jusqu’au 30 juin. L’Agence nationale des examens justifie cette mesure par la nécessité de protéger l’ordre public face à des « réseaux de tricheurs » qui exploitent la plateforme pour escroquer les candidats. Le Bureau central d’enquête a déjà arrêté le cerveau présumé de la fuite, un professeur de chimie qui travaillait pour l’organisme officiel. Pour renforcer la sécurité, l’armée de l’air indienne a même préparé des hélicoptères dans l’État du Tamil Nadu pour transporter les sujets, une première censée empêcher toute nouvelle fuite.

Cette affaire n’est pas un cas isolé. Le pays croule sous les scandales d’examens. Après le NEET, c’est l’épreuve du CBSE, passée par 1,8 million de lycéens, qui a provoqué la colère : des notes fausses, des résultats envoyés aux mauvais candidats. La pression scolaire est énorme dans un pays où le chômage des jeunes atteint 16% selon l’OIT, et où un diplôme peut changer une vie. Plusieurs adolescents se sont suicidés après ces révélations. La frustration a donné naissance à un mouvement inattendu, le « Parti du peuple des cafards », en référence à une insulte du président de la Cour suprême qui avait traité les jeunes critiques de « parasites ». Ce groupe a déjà rassemblé des millions d’abonnés en ligne et organisé des manifestations un peu partout pour demander la tête du ministre de l’Éducation.

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