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Librairies en crise : le pari du café et des jeux pour survivre

Vendre des livres ne suffit plus. Face à l’explosion des charges et à la baisse des clients, les librairies françaises misent sur les cafés, la papeterie…

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Librairies en crise : le pari du café et des jeux pour survivre

Vendre des livres ne suffit plus. Face à l’explosion des charges et à la baisse des clients, les librairies françaises misent sur les cafés, la papeterie et les jeux de société pour rester à flot.

Le modèle économique des librairies vacille. Leur marge, à peine 1%, est l’une des plus faibles du commerce. Les ventes de livres neufs reculent pendant que loyers, salaires et transports grimpent. Résultat, des poids lourds comme Gibert ou le groupe Nosoli (propriétaire du Furet du Nord et de Decitre) sont en redressement judiciaire. D’autres, comme Sauramps à Montpellier, connaissent de grosses difficultés. Et depuis 2023, entre 60 et 75 petites librairies ferment chaque année, selon le Centre national du livre. Pourtant, la France conserve le réseau de librairies indépendantes le plus dense au monde, avec environ 3 400 points de vente. Mais beaucoup doivent trouver des idées pour attirer au‑delà des simples lecteurs.

Certaines librairies transforment leurs rayons. Amanda Spiegel, libraire à Montreuil, a ajouté papeterie, loisirs créatifs, cartes postales et jeux de société, dont les marges sont plus élevées. À Marseille, la librairie Maupetit a repensé ses 850 m² pour y installer un café, une galerie et un espace papeterie. Même les grandes enseignes comme Cultura ou la Fnac adoptent cette stratégie. En milieu rural, la formule librairie‑café séduit. Gaëlle Maindron, à Saint‑Pol‑de‑Léon, en Finistère, explique que son commerce répond à un besoin de convivialité et de culture. Les livres représentent 80% de son chiffre d’affaires, mais la diversification lui offre une marge un peu plus confortable. Des événements mêlant spectacles, lectures et ateliers créatifs viennent renforcer l’attractivité.

Mais ce virage inquiète les maisons d’édition, qui rappellent qu’une librairie est d’abord faite pour vendre des livres. Le risque, selon elles, est de réduire la place dédiée aux ouvrages. Gérer un café et être libraire, ce n’est pas le même métier, prévient Gaëlle Maindron. Certains misent sur d’autres pistes, comme le livre d’occasion pour Gibert ou le rééquilibrage entre activités livres et hors‑livres pour Nosoli. Preuve que l’expérimentation continue : une péniche littéraire et festive, baptisée Nanna, ouvre ce mois‑ci sur la Seine à Paris, proposant 5 000 livres, mais aussi des dédicaces, des rencontres, des ateliers d’écriture et même des rendez‑vous BookTok. La librairie, pour survivre, doit inventer son avenir.

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