Économie
SpaceX veut décrocher la plus grosse introduction en Bourse de tous les temps
L’entreprise d’Elon Musk, qui domine déjà le spatial, espère lever 75 milliards de dollars. Un record qui pourrait tout changer pour la conquête de la…
L’entreprise d’Elon Musk, qui domine déjà le spatial, espère lever 75 milliards de dollars. Un record qui pourrait tout changer pour la conquête de la Lune et de Mars.
Spacex a annoncé vouloir lever 75 milliards de dollars en Bourse. C’est trois fois plus que le précédent record détenu par le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco. L’opération pourrait être la plus grande introduction en Bourse de l’histoire. Mais pourquoi un tel montant? L’entreprise ne se contente plus de lancer des fusées. Elle a révolutionné le secteur avec ses lanceurs réutilisables, ses vols habités vers la Station spatiale internationale et sa mégaconstellation Starlink, qui fournit internet depuis l’espace et génère l’essentiel de ses revenus. Et récemment, SpaceX a même absorbé le laboratoire d’intelligence artificielle xAI pour imaginer des centres de données orbitaux.
Pourtant, l’histoire de SpaceX a commencé modestement. Au début des années 2000, Elon Musk, déjà riche après la vente de PayPal, cherche un moyen d’envoyer des graines sur Mars pour y faire pousser des plantes. Mais aucune fusée existante ne correspond à son projet. Il décide donc de fonder sa propre société de lancement. Les débuts sont chaotiques. La fusée Falcon 1 explose plusieurs fois. L’argent fond. En 2008, un dernier tir réussi sauve l’entreprise. S’ensuit le développement du Falcon 9, un lanceur dont le premier étage peut atterrir à la verticale après chaque mission, ce qui paraissait impossible. SpaceX enchaîne alors les contrats avec la Nasa, devient en 2012 la première société privée à rejoindre l’ISS, puis en 2020 la première à y envoyer des astronautes. Son secret? Une culture du prototype rapide, des essais à risque, et une volonté d’échouer vite pour apprendre plus vite.
Mais cette audace a ses limites. Aujourd’hui, SpaceX doit prouver qu’elle peut aussi respecter des délais et des normes de sécurité très strictes, notamment pour la Nasa. L’agence spatiale compte sur une version géante de la fusée Starship pour servir d’alunisseur. Or, les tests patinent. Le ravitaillement en carburant en orbite reste à démontrer. Et la Nasa envisage déjà un plan B avec un autre engin, développé par l’entreprise de Jeff Bezos, même si celui-ci a récemment explosé. Pour Scott Hubbard, ancien directeur d’un centre de recherche de la Nasa, le style « casser les codes » de Musk fonctionne quand on ne met personne en danger et qu’on finance soi-même ses essais. Mais avec des missions habitées et un contrat public, chaque risque doit être calculé. L’introduction en Bourse va mettre SpaceX sous les projecteurs comme jamais. Et la pression monte.
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