Politique
L’IA et les ados au cœur des débats du G7 à Evian
Les sept grandes puissances veulent encadrer l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux pour protéger les plus jeunes. Mais derrière l’unité…


Les sept grandes puissances veulent encadrer l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux pour protéger les plus jeunes. Mais derrière l’unité affichée, les tensions commerciales et les rivalités technologiques restent vives.
Mercredi, les dirigeants du G7 se retrouvent à Evian pour un dernier jour de discussions. Au programme, la sécurisation de l’intelligence artificielle, en présence de grands noms de la tech comme Sam Altman d’OpenAI ou Arthur Mensch de Mistral AI. Les sept pays se sont mis d’accord sur un point clé protéger les mineurs et interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Le Royaume-Uni a déjà annoncé une mesure dans ce sens pour les moins de 16 ans, tandis que la France, pionnière, adopte une loi similaire. Une déclaration commune doit être publiée mercredi pour officialiser cet engagement.
Mais l’unité s’arrête là. Les sujets de la taxation et de la régulation du numérique divisent profondément. Donald Trump, arrivé à Evian, a déjà menacé d’imposer 100% de droits de douane sur le vin français si Paris ne lève pas sa taxe sur les géants de la tech comme Apple, Google ou Meta. Les deux pays tentent de trouver une solution consensuelle. Le Canada a dû renoncer à sa propre taxe numérique l’an dernier pour apaiser Washington. Ce dossier est particulièrement sensible pour le président américain, soutenu par de puissants patrons du secteur.
L’ombre d’Anthropic plane aussi sur le sommet. L’administration Trump a ordonné à cette start-up américaine d’IA de suspendre l’accès à ses modèles les plus puissants à tout ressortissant étranger, invoquant la sécurité nationale. En France, cette décision a provoqué une prise de conscience brutale. D’anciens Premiers ministres comme Gabriel Attal et Edouard Philippe ont alerté sur la dépendance du pays face aux technologies américaines. Attal parle même de « guerre de l’IA déjà commencée ». En réponse, la France annonce que la DGSI va abandonner les services de Palantir, géant américain proche de Trump, pour une solution française.
Au-delà du numérique, les discussions abordent aussi les déséquilibres commerciaux et la géopolitique. Sur l’Ukraine, les sept dirigeants ont trouvé une unité inattendue pour accroître la pression sur la Russie, notamment via ses exportations d’hydrocarbures. Ils ont aussi salué l’accord entre les États-Unis et l’Iran pour la réouverture du détroit d’Ormuz, un carrefour stratégique pour le pétrole et le gaz. Une mission maritime britannique de déminage est envisagée, même si Trump était initialement réticent. Enfin, un communiqué commun est attendu sur les minerais critiques, ces composants essentiels pour l’économie mondiale, dont les sept pays sont très dépendants de la Chine.
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