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Les doigts des rapaces cachent leur stratégie de chasse
Les serres acérées ne sont pas le seul secret des rapaces. C’est la forme de leurs phalanges qui dicte leur façon de capturer leurs proies.


Les serres acérées ne sont pas le seul secret des rapaces. C’est la forme de leurs phalanges qui dicte leur façon de capturer leurs proies.
On croit souvent que les rapaces doivent tout à leurs griffes recourbées. Pourtant, une étude publiée dans le *Zoological Journal of the Linnean Society* montre que la clé de leur technique de chasse se trouve ailleurs. Des chercheurs du CNRS, du Muséum national d’histoire naturelle et de l’Université de Mar del Plata ont passé au crible les pattes de 37 espèces de rapaces du monde entier. Ils ont mesuré 148 paramètres différents, de la longueur des os à l’épaisseur des phalanges, en passant par le diamètre du fémur ou des griffes. Résultat : ce sont les proportions des doigts, surtout les troisièmes et quatrièmes, qui déterminent si un rapace attrape ses proies en vol, les cloue au sol ou les enveloppe.
Ce constat bouleverse les idées reçues. Jusque-là, les scientifiques classaient les rapaces en fonction de leur régime alimentaire : spécialistes des mammifères ou des oiseaux. Mais cette approche ne tenait pas compte de la mécanique complète du corps. « Quand on donne un coup de poing, ça ne vient pas seulement du poing, ça engage aussi le haut du corps », explique Myriam Amari, chercheuse au CNRS. En regardant tout le membre postérieur, les chercheurs ont découvert que des espèces très éloignées génétiquement peuvent se ressembler si elles chassent de la même manière. À l’inverse, des espèces proches comme les aigles et les buses adoptent des stratégies très différentes les unes des autres.
Cette découverte ouvre une fenêtre sur le passé. Elle permet d’imaginer comment chassaient des oiseaux disparus, comme l’aigle géant de Haast ou les oiseaux à dents du Crétacé. Et surtout, elle fait le lien avec les dinosaures. Les rapaces actuels sont les descendants directs des dinosaures théropodes. Les chercheurs pensent notamment au Deinonychus, célèbre pour sa grande griffe en forme de faux. « On se demande depuis longtemps comment il pouvait chasser avec une telle arme », rappelle Myriam Amari. Grâce à cette étude, les scientifiques disposent d’un nouvel outil pour décoder les comportements de prédation des espèces d’hier et d’aujourd’hui.





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Myriam AMARI
16 juin 2026 at 18 h 06 min
Petite précision, je voulais dire qu’un coup de poing vient de la hanche, et qu’un coup de pied engage le haut du corps.
Et concernant « des espèces proches comme les aigles et les buses adoptent des stratégies très différentes les unes des autres. » Il s’agit plutôt des aigles et des accipiters (éperviers et autours des palombes).
Merci !