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Les 60 jours qui décideront de l’avenir nucléaire iranien
Washington lance un ultimatum de 60 jours pour négocier le nucléaire iranien. Mais entre signatures chaotiques et experts sceptiques, la route s’annonce…


Washington lance un ultimatum de 60 jours pour négocier le nucléaire iranien. Mais entre signatures chaotiques et experts sceptiques, la route s’annonce très difficile.
Tout a commencé dans une cacophonie invraisemblable. Le protocole d’accord avec Téhéran devait être signé vendredi 19 juin en Suisse. Au final, le texte a été paraphé en deux temps, d’abord en ligne le dimanche 14 juin, puis à distance depuis le château de Versailles le mercredi suivant. Le vice-président américain JD Vance a même reporté son départ pour la Suisse jeudi soir. Et pourtant, c’est bien lui qui a lancé le compte à rebours : « Nous allons commencer les 60 jours, lancer le chrono aujourd’hui », a-t-il annoncé en conférence de presse. Ce délai doit servir à négocier le démantèlement du programme nucléaire iranien, le cœur du conflit entre les deux pays depuis des décennies.
Le document signé met fin au conflit armé et prévoit déjà des mesures concrètes comme la réouverture du détroit d’Ormuz, la fin du blocus naval américain et une possible levée des sanctions contre l’Iran. Mais les questions les plus épineuses restent à régler. Le protocole réaffirme que l’Iran « ne se procurera ni ne développera d’armes nucléaires », une formulation plus faible que l’accord de 2015 qui disait « en aucune circonstance ». Le sort de l’uranium enrichi à 60% accumulé par Téhéran sera décidé plus tard, selon un mécanisme à définir. La piste la plus simple serait une dilution sur place sous contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Mais pour les experts, soixante jours ne suffiront pas. Wendy Sherman, ex-négociatrice de l’accord de 2015, a prévenu : « Je peux vous assurer que les parties n’auront pas le temps de tout régler en 60 jours. »
Les critiques du protocole sont acerbes. Le texte ne fait aucune mention des missiles iraniens ni du soutien de Téhéran à des groupes armés dans la région. Et les spécialistes estiment que l’Iran sort renforcé de ce conflit. Malgré les bombardements massifs menés par les États-Unis et Israël, Téhéran reste debout et contrôle quasiment le détroit d’Ormuz. « Nous avons utilisé notre atout majeur, la menace militaire, et ils sont toujours là. Avec quoi allons-nous les menacer maintenant ? » s’interroge Alan Eyre du Middle East Institute. Pour lui, l’Iran a atteint son objectif principal : survivre à cette guerre. Les futures inspections du programme nucléaire s’annoncent donc cruciales mais terriblement complexes. L’ancien président du Council on Foreign Relations, Richard Haass, résume le défi : « Cette guerre a donné au régime un moyen de pression. Il est certain que l’Iran continuera d’être actif dans le domaine nucléaire. »
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