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L’aéroport de Bunia redécolle pour sauver des vies

La seule piste aérienne qui relie les humanitaires au foyer de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo vient de rouvrir. Une bouffée…

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L’aéroport de Bunia redécolle pour sauver des vies

La seule piste aérienne qui relie les humanitaires au foyer de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo vient de rouvrir. Une bouffée d’oxygène pour la riposte, même si le nombre de cas suspects a nettement baissé selon l’OMS.

L’aéroport de Bunia, dans le nord-est de la RDC, était le dernier lien vital pour acheminer du matériel médical et du personnel soignant vers l’épicentre de la 17e épidémie d’Ebola que connaît le pays. Les autorités congolaises l’avaient fermé le 23 mai pour mieux contrôler les déplacements, mais cette décision menaçait directement la réponse sanitaire. Après une évaluation des mesures de surveillance en place, la réouverture a été annoncée mardi. Le ministère des Transports estime que les conditions sont désormais réunies pour une reprise progressive et sécurisée des vols. Une bonne nouvelle pour Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences de l’OMS Afrique, qui salue un déploiement plus rapide des équipes.

Sur le plan épidémiologique, les chiffres restent flous mais semblent moins alarmants qu’il y a quelques jours. L’OMS recense 321 cas confirmés de contamination et 48 décès. Côté ougandais, 15 cas dont un mort ont été signalés. Mais ces données sont à prendre avec précaution. Peu de tests de laboratoire ont été réalisés jusqu’ici, faute de moyens sur place. Le 22 mai, seuls 342 échantillons avaient été analysés. L’Africa CDC a livré des réactifs pour 4 800 tests, dont une partie est déjà arrivée dans la zone touchée. De nombreux cas suspects ont été écartés après vérification, car ils souffraient d’autres maladies ou d’une simple fièvre passagère, explique Christian Lindmeier, porte-parole de l’OMS. Le gouvernement congolais insiste : la situation est sous contrôle.

Mais la réalité du terrain est plus complexe. La province de l’Ituri, où se trouve Bunia, est l’une des plus instables du pays. Les groupes armés y commettent des violences régulières, et les services de l’État y sont quasi absents. Les structures médicales manquent de tout, et les soignants sont dépassés. L’aéroport de Bunia est donc une bouée de sauvetage. Autre difficulté : le virus en circulation est le Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. La plupart des épidémies passées étaient dues au virus Zaïre, le seul à avoir un vaccin homologué. L’Africa CDC promet un vaccin pour Bundibugyo d’ici la fin de l’année, et l’OMS prépare des essais cliniques. En attendant, le Rwanda et l’Ouganda ont fermé temporairement leurs frontières avec la RDC. Les États-Unis envisagent d’ouvrir un centre de quarantaine au Kenya pour leurs ressortissants, une décision qui a déjà provoqué des heurts et deux morts lors de manifestations lundi.

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