Nous rejoindre sur les réseaux

News

L’enquête Grégory Villemin jugée « irrécupérable » par la défense de Jacqueline Jacob

Article

le

L’avocat de la grand-tante de l’enfant assassiné estime que l’instruction, minée par des décennies d’erreurs, ne peut aboutir et réclame son abandon pur et simple.

Alors que l’affaire du meurtre du petit Grégory Villemin, survenu en octobre 1984, s’apprête à franchir le cap des 41 années, un des conseils de Jacqueline Jacob, mise en examen dans ce dossier, dresse un constat sans appel. Maître Frédéric Berna, figure du barreau de Nancy, qualifie l’enquête de « pourrie dès l’origine » et la juge « totalement irrécupérable ». Il estime que la procédure doit être définitivement close.

L’avocat évoque les premières heures de l’enquête, marquées par une bévue technique majeure. Des échantillons prélevés dans les poumons de l’enfant, confiés au laboratoire de son grand-père, n’ont jamais été analysés et ont été perdus. Pour lui, cet incident illustre le chaos initial qui n’a cessé de s’aggraver au fil des années. Il rappelle les multiples rebondissements ayant émaillé l’affaire : l’assassinat d’un suspect en 1985, la mise en examen puis la disculpation de la mère de l’enfant, le suicide d’un juge d’instruction en 2017, ou encore l’annulation de plusieurs mises en examen en 2018.

Me Berna dénonce également ce qu’il considère comme un gaspillage financier considérable, avec des expertises coûteuses qui n’ont, selon lui, apporté aucune avancée décisive. Il perçoit dans la persistance de l’instruction une forme d’acharnement visant à rattraper des décennies d’impuissance judiciaire.

La nouvelle mise en examen de Jacqueline Jacob, âgée de 81 ans, est contestée ce mercredi devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon. Inculpée pour « association de malfaiteurs » en vue d’un enlèvement, elle avait déjà été mise en examen en 2017, mais cette procédure avait été annulée pour un vice de forme. Ses avocats estiment que les faits qui lui sont reprochés sont désormais prescrits et qualifient les arguments des juges d’instructeurs de « farce ».

Les investigations actuelles s’appuient sur des expertises stylométriques, une discipline qui analyse l’écriture et la syntaxe. Une première analyse, réalisée par un spécialiste suisse, a attribué à Jacqueline Jacob plusieurs lettres anonymes, dont une missive menaçant la famille Villemin et une autre revendiquant le crime. Une contre-expertise est en cours. L’avocat rappelle que ces méthodes ont déjà désigné plus d’une vingtaine de corbeaux potentiels, y compris la mère de la victime, avant d’être contredites.

Maître Berna exprime la crainte que Jacqueline Jacob ne devienne un « bouc émissaire » dans cette affaire sans issue. Il redoute que la justice n’attende son décès pour clore le dossier en la désignant comme la coupable, sans avoir jamais pu établir la vérité.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus