Politique
Le vote qui met les Verts sous tension
Les militants écologistes votent ce week-end sur une mesure choc. Elle pourrait exclure tout adhérent qui défie un candidat officiel du parti, et ses…


Les militants écologistes votent ce week-end sur une mesure choc. Elle pourrait exclure tout adhérent qui défie un candidat officiel du parti, et ses détracteurs y voient une tentative d’épuration ciblant Yannick Jadot et Sandrine Rousseau.
À un an de la présidentielle, le parti écologiste est secoué par un conflit interne. Une motion soumise au vote jusqu’à dimanche propose d’exclure définitivement tout membre qui se présenterait contre un candidat investi par les Écologistes, ou qui soutiendrait un autre candidat. Pour les opposants à Marine Tondelier, la dirigeante du parti, cette mesure a un nom : une purge. Selon plusieurs élus, elle vise directement Yannick Jadot et Sandrine Rousseau, deux figures qui refusent la ligne officielle. Le contexte est tendu. Tondelier est candidate à la présidentielle via une primaire de la gauche. Mais Jadot, lui, rejette cette primaire et se rapproche de Raphaël Glucksmann, le leader de Place publique, qui pourrait être candidat en 2027. Samedi, Jadot doit assister au meeting de Glucksmann, malgré un avertissement interne du secrétaire national adjoint, qui l’alerte sur les risques de division. Le sénateur a confirmé sa présence, en assumant son désaccord. « Les purges ne répondront pas aux échecs des élections passées », écrit-il.
De son côté, Sandrine Rousseau défend une autre stratégie. Elle est prête à soutenir le candidat de gauche le mieux placé, même s’il s’agit de Jean-Luc Mélenchon. Une position qui heurte la direction. La motion est en réalité une réponse aux municipales de 2024, où des dissidences locales avaient été sanctionnées légèrement. L’entourage de Tondelier assure qu’il n’y a pas de volonté d’exclure, mais simplement de faire respecter les décisions prises démocratiquement. « Un parti n’est pas une caserne, mais pas un self-service non plus », explique-t-on. Le texte prévoit une exclusion définitive, ce qui signifie qu’une personne exclue ne pourrait demander à réadhérer qu’après trois ans, avec validation nationale. Pour les opposants, c’est un signe d’autoritarisme. « Jamais on a vu ça dans le parti », dénonce un élu. « C’est un dévoiement complet de l’écologie. »
Face à cela, les contestataires ont déposé une demande de conseil fédéral extraordinaire pour débattre de la stratégie présidentielle. Ils veulent que tous les scénarios soient sur la table, y compris une non-candidature écologiste. Ils contestent aussi la consultation annoncée par le bureau politique pour juillet, qui, selon eux, serait biaisée. « Elle validerait sans débat la candidature autonome de Tondelier en cas d’échec de la primaire », regrettent-ils. Le vote de ce week-end décidera si le parti resserre les rangs ou s’enfonce dans la crise. Pour l’instant, les fractures sont visibles, et l’unité semble loin.
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