Monde
Le Venezuela sous les décombres 235 morts et la course pour sauver les vivants
Les secouristes fouillent sans relâche les immeubles effondrés au nord du pays, au lendemain d’un double séisme dévastateur. Des familles, sans outil ni…


Les secouristes fouillent sans relâche les immeubles effondrés au nord du pays, au lendemain d’un double séisme dévastateur. Des familles, sans outil ni aide, tentent de dégager leurs proches à mains nues.
Le bilan officiel annoncé jeudi soir par le ministre de la Santé Carlos Alvarado fait froid dans le dos. 235 personnes sont mortes, arrivées sans signes vitaux dans les hôpitaux. Les blessés, eux, se comptent par milliers plus de 1 500 selon les autorités. Mais les chiffres pourraient grimper encore. Dans la zone la plus touchée, celle de La Guaira, au nord de Caracas, des quartiers entiers ne sont plus que des montagnes de gravats. L’aéroport international de Maiquetia a dû fermer, ses infrastructures gravement endommagées. La ville côtière de Catia La Mar est en partie rasée. Des immeubles se sont écroulés comme des châteaux de cartes.
Les rescapés racontent l’horreur. Antonio Bermudez cherche désespérément une jeune femme prénommée Jennifer, coincée au onzième étage de son immeuble. Elle répond encore à ses appels, mais impossible de l’atteindre. « On n’a aucun outil, aucun moyen pour l’aider », souffle-t-il. Lisbeth Vazquez, 37 ans, a vu son appartement « s’enfoncer complètement » dans le sol avec sa famille dedans. Ils ont pu s’échapper de justesse, mais des voisins sont toujours sous les décombres. Larry Rojas, 49 ans, pleure ses proches ensevelis : « Il ne nous reste plus rien, ni force ni courage ». Un autre habitant, Dani Rizo, supplie qu’on envoie une pelleteuse : « Une petite fille est coincée depuis hier soir, on peut la sortir si on a les moyens ».
L’aide internationale commence à s’organiser. Les États-Unis ont promis une réponse « rapide et efficace », avec 150 millions de dollars et l’envoi de secouristes. L’armée américaine déploie navires, avions et hélicoptères. Le Brésil, la Chine, l’Inde, plusieurs pays européens et même l’Iran proposent leur soutien. À Caracas, la population vit dans la peur des répliques. Le sol tremble encore. Beaucoup ont passé la nuit dehors, dans leur voiture, sur les trottoirs. Les rues sont jonchées de débris de verre. Des pillages ont eu lieu dans des commerces. Le gaz a été coupé pour éviter les explosions. Et l’ONU rappelle que même avant cette catastrophe, près de huit millions de Vénézuéliens avaient besoin d’aide humanitaire. Le pays, déjà miné par une crise économique profonde, touche le fond.
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