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L’Alcatraz des Everglades a vidé ses cages

Un an après son ouverture express en plein marécage, le centre de rétention de Floride surnommé « l’Alcatraz des alligators » a fermé ses portes. Le…

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L'Alcatraz des Everglades a vidé ses cages

Un an après son ouverture express en plein marécage, le centre de rétention de Floride surnommé « l’Alcatraz des alligators » a fermé ses portes. Le gouverneur Ron DeSantis a annoncé ce jeudi que le site ne comptait plus aucun détenu.

Construit en une semaine sur un aérodrome abandonné, au cœur des Everglades, ce centre devait être l’arme ultime de la politique migratoire de Donald Trump. Lits superposés, cages grillagées et tentes blanches posées en urgence en juin 2025. Un an plus tard, le site a cessé de fonctionner. Son surnom, emprunté à la célèbre prison de San Francisco, n’était pas seulement une provocation. Il résumait une approche répressive assumée par la Maison Blanche dès le début du second mandat de Trump.

Derrière la fermeture, un bilan qui divise. Ron DeSantis a vanté un outil efficace. Selon lui, plus de 22 000 personnes y sont passées. Il a assuré que le centre avait permis d’expulser des « personnes dangereuses » loin des États-Unis. Mais les chiffres officiels parlent aussi d’un coût astronomique. Près d’un milliard de dollars pour la construction et le fonctionnement jusqu’en juin 2026, selon le média Florida Phoenix. Les détenus eux sont toujours sous contrôle fédéral, a précisé le gouverneur.

Les conditions de vie à l’intérieur, elles, ont provoqué l’indignation. Plusieurs migrants ont témoigné d’un enfer au quotidien. Une cellule partagée avec une trentaine de personnes, rarement nettoyée. Une chaleur étouffante le jour, un froid glacial la nuit. Et des moustiques partout. « Même un animal ne serait pas traité ainsi. C’est de la torture », a raconté Luis Gonzales, un détenu joint par téléphone pendant son séjour. L’association ACLU a salué la fermeture, mais elle dénonce des pratiques qui ne sont pas un cas isolé. « Ce site n’aurait jamais dû exister », a déclaré Carmen Iguina Gonzalez, responsable de l’organisation. Pour elle, ces méthodes reflètent un système plus large de maltraitance dans les centres de rétention à travers le pays.

Les recours en justice n’ont pas manqué. Une action avait été lancée contre le centre, accusé de priver les migrants d’avocat et de les détenir sans inculpation. Deux associations environnementales avaient aussi porté plainte, estimant que le site menaçait l’écosystème fragile des Everglades et avait été bâti sans étude d’impact. En août, une juge avait ordonné la fermeture du centre. Sa décision avait été suspendue en appel, en attendant un examen plus approfondi. Aujourd’hui, les cages sont vides. Mais le débat, lui, reste ouvert.

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