Société
Le salaire reprend le dessus sur le temps libre chez les salariés français
Après avoir massivement plébiscité leur temps personnel au sortir de la crise Covid, les travailleurs français renouent avec une priorité plus classique…


Après avoir massivement plébiscité leur temps personnel au sortir de la crise Covid, les travailleurs français renouent avec une priorité plus classique : l’argent. Une enquête récente montre que 67% d’entre eux préfèrent aujourd’hui gagner plus plutôt que d’améliorer leur équilibre entre vie pro et vie perso.
Ce retournement de tendance est frappant. En 2022, 61% des actifs disaient encore attacher plus d’importance à leur temps libre qu’à leur pouvoir d’achat. Mais l’époque a changé. La pandémie, qui avait poussé beaucoup à reconsidérer leur rapport au travail, semble désormais un souvenir lointain. Aujourd’hui, la hausse des prix et les incertitudes économiques pèsent. Résultat : le réflexe « plus de salaire » l’emporte sur le « plus de temps pour moi ». Un niveau comparable à celui observé en 2008, année de crise financière. Les Français reviennent à des arbitrages plus traditionnels.
L’enquête met aussi en lumière un écart persistant entre ce que pensent les entreprises et ce que vivent les salariés. Côté patronat, 89% des employeurs estiment accorder une rémunération juste. Mais côté salariés, ils ne sont que 63% à partager cet avis. Un décalage qui dit beaucoup du malaise ambiant. Les cadres, logiquement mieux lotis avec un salaire net moyen de 3 368 euros, sont les plus satisfaits. Les ouvriers, eux, touchent en moyenne 1 846 euros. Et parmi les cadres, près d’un sur deux se dit prêt à échanger une partie de son salaire contre davantage de temps libre. Un luxe que tous ne peuvent pas s’offrir.
Autres inégalités qui persistent : les hommes gagnent en moyenne 2 508 euros nets par mois quand les femmes doivent se contenter de 2 093 euros. Soit 415 euros d’écart. Même fossé entre les très petites entreprises et les grandes structures : près de 700 euros de différence de salaire moyen. Enfin, l’étude révèle un décalage sur ce qui fidélise vraiment. Les salariés citent d’abord l’augmentation de salaire ou le 13e mois. Les entreprises, elles, mettent en avant les primes et bonus. Deux visions qui peinent à se rencontrer.
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