Économie
Le premier budget de Mamdani à New York, entre équilibre financier et impopularité
_**Le nouveau maire de la métropole américaine, porté par des promesses de lutte contre la vie chère, se heurte à un déficit abyssal. Pour le combler, il mise sur une augmentation des prélèvements sur les plus fortunés, sous peine de devoir s’attaquer à une taxe foncière très sensible.**_
Zohran Mamdani, élu à la tête de New York il y a près de deux mois, présente son premier projet budgétaire dans un contexte financier tendu. Le document, qui s’élève à 127 milliards de dollars, révèle un besoin de financement de 5,4 milliards pour parvenir à l’équilibre. Le maire, issu de l’aile gauche du Parti démocrate, impute cette situation difficile à la gestion de son prédécesseur.
Pour résorber ce déficit, l’édile a formulé une demande auprès de l’État de New York. Il sollicite la gouverneure Kathy Hochul, une démocrate modérée, afin qu’elle majore l’impôt sur le revenu des contribuables gagnant plus d’un million de dollars annuels et qu’elle alourdisse la fiscalité des entreprises les plus profitables. Le premier magistrat de la ville qualifie cette approche de durable et équitable, arguant qu’elle préserve les ménages aux revenus modestes et intermédiaires.
Cette stratégie comporte toutefois un revers. Si l’État refuse cette contribution supplémentaire, la municipalité devra alors activer le seul levier fiscal qui relève entièrement de sa compétence, la taxe foncière. Une perspective délicate dans une agglomération où la propriété immobilière, déjà grevée par des charges élevées, concerne environ trente pour cent des habitants. Une augmentation toucherait indistinctement les résidents des beaux quartiers comme les propriétaires de pavillons dans des arrondissements périphériques, souvent issus des couches moyennes supérieures, un électorat traditionnellement courtisé par les démocrates.
Des voix s’élèvent pour critiquer cette éventualité, jugée en contradiction avec les engagements de campagne du maire sur le pouvoir d’achat. D’autres observateurs estiment que la priorité devrait être une rationalisation des dépenses publiques et une amélioration de l’efficacité de l’administration municipale, plutôt qu’un alourdissement de la pression fiscale.
D’un point de vue politique, l’ultimatum posé à la gouverneure est perçu comme un calcul tactique. Il place Kathy Hochul, en pleine campagne pour sa réélection, dans une position délicate. Refuser de taxer davantage les grandes fortunes et les sociétés pourrait l’exposer à des critiques, tandis qu’accepter risquerait de mécontenter une partie de son électorat. Le soutien déjà apporté par Mamdani à la gouverneure pour le scrutin de novembre limite par ailleurs sa marge de manœuvre dans les négociations.
Des pourparlers se poursuivent dans la capitale de l’État. Le calendrier budgétaire, qui doit aboutir au printemps, laisse quelques semaines au maire pour tenter d’obtenir des concessions. Cette séquence marque une entrée dans le vif du sujet pour l’exécutif municipal, confronté aux arbitrages complexes de l’exercice du pouvoir après une période d’installation.
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