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Le Porge panse ses plaies après le passage du mégafeu

Les habitants du village girondin le plus touché par les flammes ont pu découvrir l’étendue des dégâts lundi. Entre maisons réduites en cendres et retours…

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Le Porge panse ses plaies après le passage du mégafeu

Les habitants du village girondin le plus touché par les flammes ont pu découvrir l’étendue des dégâts lundi. Entre maisons réduites en cendres et retours poignants, la commune tente de se reconstruire.

Le choc est immense. Au Porge, sur les 240 habitations recensées, 183 ont brûlé. Un véritable coup de massue pour cette commune où le feu a tout emporté sur son passage. La route principale qui traverse le village ressemble désormais à un cimetière à ciel ouvert. Des arbres noircis, des murs effondrés, des terrains vagues là où se dressaient encore des foyers il y a quelques semaines. Les commerces sont fermés, les volets restent clos, et seul le ballet des voitures qui affluent en début d’après-midi anime ce décor lunaire.

Le maire, Martial Zaninetti, accueille les sinistrés un à un, les invitant à passer par le centre d’accueil installé à l’école. Une femme essuie ses larmes en silence pendant que son mari ouvre la boîte aux lettres, épargnée par miracle et remplie de courrier. Plus loin, Anna et sa famille contemplent ce qui reste de leur maison achetée il y a trois ans. Son petit garçon de quatre ans, la main accrochée à celle de sa mère, énumère ce qu’il reconnaît dans le jardin. Le trampoline, la piscine, le hamac, le potager. Elle le corrige doucement avec un mot qui fait mal. « C’était. » Elle raconte avoir perdu un petit coin de paradis avec sa parcelle de forêt. Tout s’est envolé en quelques heures.

Certains reviennent avec une appréhension terrible. Yves, 69 ans, retraité, sait que sa compagne va découvrir une réalité bien plus dure que les photos. Il cherche encore où étaient les meubles, mais il ne reste rien. Toute une vie réduite à néant. Pour accompagner ces retours, la Croix-Rouge est sur place, tout comme un guichet France Services avec des agents du conseil départemental, des impôts et des services sociaux. La préfète de Gironde, Sophie Brocas, promet un suivi personnalisé pendant plusieurs jours. Elle parle de traumatisme majeur et insiste sur la nécessité d’écouter et d’épauler les habitants.

Dans le village, la colère pointe aussi. Certains estiment avoir été laissés sans protection lorsque le feu menaçait la presqu’île du Cap Ferret et l’agglomération bordelaise. Les autorités rejettent ces accusations. Pourtant, le doute reste dans les esprits. Pour Aurore, 69 ans, la délivrance a un goût étrange. Elle parle de miracle en voyant son jardin intact, protégé par ses oliviers et ses statues de Bouddha. Sa maison est toujours debout, même si l’odeur pestilentielle qui s’en dégage lui rappelle la fuite précipitée. Sa première mission sera de vider les congélateurs et les poubelles laissés en catastrophe.

Tout le monde n’a pas cette chance. Un habitant a perdu la grange familiale implantée depuis plus de deux siècles, tandis que la maison de sa voisine a été entièrement dévorée par les flammes. Grégory, 49 ans, ne cache pas son désarroi. Il ne se voit plus vivre ici. Tempêtes, incendies, les catastrophes reviennent tous les quatre ans selon lui. Cette fois, c’est trop. Le Porge devra trouver la force de se relever, mais les cendres sont encore chaudes et les cœurs lourds.

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