Monde
Le Hamas à l’heure des choix stratégiques


L’organisation palestinienne s’apprête à renouveler sa direction dans un contexte de guerre larvée et de reconstruction incertaine, alors que son avenir politique se joue sur plusieurs échiquiers.
La perspective d’élections internes au sein du mouvement islamiste se précise pour les premiers mois de l’année prochaine. Cette consultation, qui inclura jusqu’aux membres détenus par Israël, vise à doter le groupe d’une nouvelle hiérarchie formelle, après des mois de direction collégiale. L’objectif affiché est de préparer l’après-guerre et de consolider un rôle futur dans l’enclave palestinienne, aujourd’hui en ruines.
Le processus électoral doit aboutir à la formation d’un Conseil de la Choura de cinquante membres, principalement issu des courants religieux et représentant les différentes implantations géographiques du mouvement. Cette instance désignera à son tour le Bureau politique et son président, pour un mandat de quatre ans. Les modalités et le calendrier exacts restent toutefois à préciser, compte tenu de la situation sécuritaire extrêmement volatile sur le terrain.
Cette reconstruction organisationnelle fait suite à l’élimination ciblée de plusieurs figures historiques. La disparition du chef politique Ismaïl Haniyeh et de l’architecte présumé de l’offensive du 7 octobre, Yahya Sinouar, a conduit le mouvement à adopter une structure de commandement restreinte et collégiale. Une configuration perçue par certains observateurs comme une mesure de résilience face aux risques persistants d’actions israéliennes.
Parmi les prétendants à la succession, deux noms émergent des analyses. Khalil al-Hayya, négociateur expérimenté basé à Gaza et proche des brigades militaires, incarne la ligne pragmatique. Khaled Mechaal, ancien chef du bureau politique résidant au Qatar, symbolise quant à lui la branche diasporique et la transformation politique de l’organisation. Les procédures en cours se veulent, selon une source interne, strictement encadrées par les règlements du mouvement, à l’abri de toute ingérence étrangère.
Cette refonte intervient à un moment charnière pour le mouvement. Sa survie en tant qu’entité politico-militaire dépend d’un équilibre complexe entre sa branche armée et son aile politique, mais aussi du maintien de ses alliances régionales cruciales. Le soutien de l’Iran constitue un pilier stratégique, rendant les développements politiques à Téhéran particulièrement scrutés. Parallèlement, la trêve fragile avec Israël, régulièrement rompue par des accrochages meurtriers, n’offre qu’un répit précaire, tandis que la population de Gaza subit une crise humanitaire d’une ampleur considérable. L’issue de cette transition interne pourrait bien déterminer la trajectoire future de toute la bande de Gaza.





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