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Le géant de la presse française serre la vis et ses journalistes s’inquiètent
Ouest-France, le quotidien le plus vendu du pays, lance un plan d’économies qui touche ses rédactions pour la première fois. Entre baisse des ventes…


Ouest-France, le quotidien le plus vendu du pays, lance un plan d’économies qui touche ses rédactions pour la première fois. Entre baisse des ventes papier et endettement, le journal veut redresser la barre d’ici 2028.
Avec près de 600 000 exemplaires écoulés chaque jour, Ouest-France fait figure de leader incontesté de la presse française. Pourtant, même ce titan basé à Rennes n’échappe pas à la crise qui frappe le secteur. Depuis cinq ans, le journal creuse ses pertes, entre 10 et 12 millions d’euros par an. Pour tenter de retrouver l’équilibre financier, la direction a dégainé un plan de réduction des coûts. Objectif économiser 15 millions d’euros par an, principalement en taillant dans la masse salariale.
Le projet baptisé Efficience 2 prévoit une baisse d’environ 10% des effectifs. Mais pour l’instant, pas de plan social annoncé. La direction mise sur le non-renouvellement des CDD, la réduction des piges, quelques ruptures conventionnelles et des départs en retraite progressive. Les syndicats restent sur leurs gardes. Fin mars, près de 90 des 750 journalistes ont débrayé pendant deux heures. Depuis, une quinzaine de motions ont été déposées pour réclamer des comptes. La déléguée syndicale Vanessa Ripoche résume l’ambiance les salariés ont peur de perdre leur emploi.
Derrière ces coupes, il y a un constat simple le papier perd 5% à 6% de ses ventes chaque année. Et le numérique ne compense pas encore assez pour renflouer les caisses. Ouest-France vise 300 000 abonnés numériques payants d’ici 2028, contre 200 000 actuellement. Le groupe, qui a aussi lancé une chaîne de télévision en septembre, s’est lourdement endetté. Pour faire face, il a mis en vente ses radios locales Hit West et Océane FM. Et une rotative a déjà été arrêtée en juin, entraînant un plan de départs volontaires d’une trentaine de personnes.
Le directeur général Fabrice Bazard promet de ne pas toucher à la couverture territoriale du journal, très présent en Bretagne, Pays-de-la-Loire et Normandie. Mais il reconnaît qu’il faudra ajuster les moyens, notamment dans le Finistère. Il compte aussi sur un rebond du marché publicitaire et sur un combat juridique contre les plateformes d’intelligence artificielle pour obtenir une juste rémunération des contenus. Les syndicats, eux, tirent la sonnette d’alarme réduire les effectifs dans les rédactions locales, c’est mettre en danger l’information de proximité. Une manifestation nationale est prévue jeudi à Paris pour alerter sur la crise des médias.





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16 juin 2026 at 9 h 51 min
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