Monde
Le foot réchauffe les relations entre le Mexique et l’Espagne
Le roi Felipe VI et la présidente Claudia Sheinbaum se sont rencontrés à Mexico. Un match de football a servi de prétexte à une réconciliation…


Le roi Felipe VI et la présidente Claudia Sheinbaum se sont rencontrés à Mexico. Un match de football a servi de prétexte à une réconciliation diplomatique longtemps attendue.
La visite du roi Felipe VI au Mexique n’était pas qu’un simple déplacement sportif. Officiellement, le monarque est venu soutenir l’équipe d’Espagne qui affronte l’Uruguay vendredi à Guadalajara dans le cadre du Mondial 2026. Mais en coulisses, cet après-midi au palais présidentiel de Mexico a surtout permis de recoller les morceaux entre deux pays qui s’évitaient depuis des années. Sheinbaum et Felipe VI ont échangé des poignées de main, parlé de l’importance des peuples autochtones dans l’histoire commune, et se sont mis d’accord pour “renforcer les relations bilatérales”. Une photo symbole, et un message clair adressé aux deux nations profondément liées par la culture, l’économie et l’histoire.
Cette poignée de main n’a pourtant rien d’anodin. Elle enterre une décennie de tensions diplomatiques provoquées par une lettre restée célèbre. En 2019, l’ex-président Andrés Manuel López Obrador, mentor de Sheinbaum, avait exigé de la Couronne espagnole des excuses publiques pour les “crimes et exactions” de la conquête au XVIe siècle. Madrid avait sèchement refusé. Felipe VI n’avait même pas répondu. Les relations s’étaient alors tendues au point que Sheinbaum, devenue présidente, n’avait pas invité le roi à son investiture en 2024. L’Espagne avait riposté en ne déléguant personne à la cérémonie. Un véritable froid entre deux partenaires historiques.
Mais le vent a tourné. En octobre 2025, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a reconnu la “douleur et l’injustice” infligées aux peuples originaires d’Amérique. Puis en mars dernier, Felipe VI a lui-même parlé publiquement de “nombreux abus” commis pendant la conquête, une déclaration inédite. Cette rencontre au Mexique, dans une ambiance détendue autour du ballon rond, scelle donc une embellie progressive. Pour l’analyste politique Pablo Majluf, même très critique envers la présidente, ce rapprochement est “positif en soi” : il reflète des liens profonds qui dépassent les querelles historiques. Reste à savoir si ce beau discours tiendra la distance.
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