Faits Divers
Le drame d’une enfant de 11 ans expose les failles de la justice
La découverte du corps de Lyhanna, disparue depuis le 29 mai, a provoqué une onde de choc. Alors que le suspect était déjà connu pour des plaintes…
La découverte du corps de Lyhanna, disparue depuis le 29 mai, a provoqué une onde de choc. Alors que le suspect était déjà connu pour des plaintes classées sans suite, les ministres se réunissent en urgence à Matignon.
Jeudi, dans une exploitation agricole du Gers, près du village de Puycasquier, le corps d’une enfant a été retrouvé. Il portait des vêtements identiques à ceux de Lyhanna, une collégienne de 11 ans enlevée et séquestrée. Une autopsie doit confirmer son identité, déterminer les causes de la mort et établir si elle a subi des violences sexuelles. Dès le lendemain, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une réunion à Matignon avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice. Objectif faire le point sur les possibles dysfonctionnements judiciaires qui ont entouré cette affaire.
Le principal suspect, Jérôme B., un homme de 41 ans père de deux enfants, connaissait Lyhanna car elle était l’amie de sa fille. Il a été mis en examen pour enlèvement et séquestration, puis incarcéré. Mais très vite, son passé inquiétant a refait surface. Plusieurs signalements et plaintes avaient été déposés contre lui, notamment pour viol sur mineure en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite, la seconde faisait toujours l’objet d’une enquête. Une situation qui interroge la manière dont ces alertes ont été traitées. La famille de Lyhanna a exprimé son « plus grand effroi » dans un communiqué.
Les réactions politiques n’ont pas tardé. À droite comme à gauche, les candidats à la présidentielle dénoncent un système judiciaire défaillant. Jordan Bardella accuse l’État d’avoir « lourdement failli ». Bruno Retailleau parle d’une « faillite » et réclame une réforme profonde. Édouard Philippe appelle à créer un « principe de précaution » pour les violences faites aux enfants, avec des procédures accélérées. À l’autre bout de l’échiquier, Marine Tondelier estime que cette affaire est le symbole d’une incapacité à gérer les violences sexistes et sexuelles. Le porte-parole de la Chancellerie a lui-même reconnu un « constat d’échec pour tout le monde » et un dysfonctionnement global de la chaîne de l’État.
Au-delà des mots, des voix s’élèvent pour pointer des causes structurelles. Éric Mouzin, père d’Estelle victime du tueur en série Michel Fourniret, juge « surréaliste » que les ministres semblent découvrir ces problèmes maintenant. Il rappelle que les difficultés ne datent pas de quelques semaines mais remontent à la réduction des moyens de la justice et à la réforme de la police judiciaire, qui compliquent le travail des enquêteurs. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, réclame des réponses politiques à la hauteur, alors que le gouvernement a selon lui coupé les moyens nécessaires. La question est désormais posée avec une urgence brutale comment protéger les enfants quand la justice arrive trop tard.
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