Politique
Le 1er-Mai au travail boulangers et fleuristes autorisés la réforme qui fâche revient au Sénat
Moins d’un an après le retrait d’une première tentative le gouvernement remet sur le métier un projet de loi pour clarifier le travail le 1er-Mai pour les…


Moins d’un an après le retrait d’une première tentative le gouvernement remet sur le métier un projet de loi pour clarifier le travail le 1er-Mai pour les boulangers et les fleuristes au nom de la liberté de travailler.
Ce texte est court mais il fait débat. Il ouvre la porte aux artisans boulangers pâtissiers et aux fleuristes pour faire travailler leurs salariés le 1er-Mai à condition qu’un accord de branche fixe les règles du volontariat et la rémunération. Derrière cette apparente simplicité se cache un dossier politique explosif. Le précédent texte porté par le Sénat était plus large et avait provoqué une levée de boucliers syndicale. Le gouvernement avait dû battre en retraite. Aujourd’hui il revient avec sa propre version et promet de sécuriser juridiquement une pratique déjà tolérée.
Le 1er-Mai reste un jour férié chômé et payé dans le Code du travail. Mais la loi prévoit déjà des exceptions pour les établissements qui ne peuvent pas interrompre leur activité avec un salaire doublé. Les boulangers et les fleuristes bénéficiaient d’une tolérance jusqu’à ce que des contrôles de l’inspection du travail en 2026 déclenchent des amendes. Au moins 486 établissements avaient été contrôlés ce jour-là dont 49 boulangeries ou boulangeries pâtisseries. Le Premier ministre de l’époque avait assuré oralement que ces artisans ne risquaient rien mais les verbalisations ont continué. Ce vide juridique c’est ce que le projet veut combler.
Les syndicats montent au créneau. La CGT dénonce une banalisation du travail le 1er-Mai au profit des grands groupes. Le secrétaire confédéral Thomas Vacheron craint l’ouverture d’une brèche. Une fois que boulangers et fleuristes seront autorisés dit il tout deviendra possible pour d’autres métiers. Le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner est encore plus catégorique. Pour lui remettre en cause le seul jour férié chômé et payé du pays est une faute politique alors que les salariés luttent pour leur pouvoir d’achat. Plusieurs organisations syndicales appellent à un rassemblement devant le Sénat.
Du côté des politiques les postures se cristallisent. Sébastien Lecornu s’est affiché le 1er-Mai dernier dans une boulangerie de Haute-Loire avec Laurent Wauquiez. Gabriel Attal candidat à la présidentielle a lui aussi passé un moment derrière le comptoir d’une boulangerie de Vanves. Une manière de défendre la liberté de travailler. Le rapporteur du texte au Sénat Olivier Henno reconnaît que c’est un premier pas mais regrette que les débats se soient envolés dans des postures politiques. Il aurait voulu étendre la dérogation à tous les métiers de bouche et aux entreprises culturelles. Les bouchers et les poissonniers crient déjà à la rupture d’égalité.
Le Sénat dominé par la droite et les centristes devrait adopter le texte sans difficulté. La suite à l’Assemblée nationale est moins certaine et aucune date n’est encore fixée. L’objectif affiché est d’aboutir à une adoption définitive avant le 1er mai 2027.
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