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L’autonomie de la Corse sur le grill de l’Assemblée : un vote historique sous haute tension

Ce mardi, les députés doivent trancher sur une réforme qui offrirait à la Corse une autonomie jamais vue en métropole. Mais entre espoirs d’apaisement et…

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L'autonomie de la Corse sur le grill de l'Assemblée : un vote historique sous haute tension

Ce mardi, les députés doivent trancher sur une réforme qui offrirait à la Corse une autonomie jamais vue en métropole. Mais entre espoirs d’apaisement et peur d’un précédent dangereux, le chemin est semé d’embûches.

Le gouvernement espère franchir une première étape décisive avec un vote favorable à l’Assemblée nationale. Pour y parvenir, il mise sur une coalition hétéroclite. Les troupes de l’ancienne majorité macroniste, les écologistes et une partie des socialistes devraient dire oui ou au moins s’abstenir. À l’inverse, le Rassemblement national et ses alliés devraient voter contre. Les Républicains, eux, risquent de se diviser entre opposition et abstention. Gabriel Attal, chef des députés Renaissance, a annoncé qu’il voterait pour, estimant qu’il est temps d’agir concrètement pour l’île.

Le texte est le fruit de longues discussions entre l’exécutif et les élus corses, entamées après les violences liées à l’affaire Colonna. Au cœur du dispositif, un pouvoir inédit pour la collectivité de Corse. Elle pourrait adapter les lois nationales à ses spécificités, mais aussi élaborer ses propres textes, y compris législatifs. Ces derniers seraient ensuite contrôlés par le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’État. Une autonomie justifiée par les « intérêts propres » de l’île, sa communauté insulaire, sa langue, sa culture et son lien singulier à la terre.

Mais cette reconnaissance suscite de vives inquiétudes. Certains constitutionnalistes dénoncent une brèche ouverte au communautarisme dans la Constitution. Des députés redoutent que le crime organisé n’exerce davantage de pressions sur les élus locaux si ceux-ci obtiennent un pouvoir législatif. D’autres craignent un effet domino. L’Alsace, la Bretagne ou les Outre-mer pourraient réclamer des statuts similaires. Le périmètre exact de l’autonomie reste flou, renvoyé à une future loi organique. Seules les compétences régaliennes sont d’ores et déjà exclues. La non-régression environnementale et sociale n’a pas été imposée comme une obligation, ce qui fâche les Insoumis.

Et même si l’Assemblée dit oui, la route est encore longue. Le Sénat, dominé par la droite et le centre, pourrait modifier ou rejeter le texte. Et pour être adopté définitivement, il faudra ensuite convaincre les trois cinquièmes des parlementaires réunis en Congrès. Sans oublier la loi organique qui doit préciser le dispositif, peu de parlementaires croient à son adoption avant 2027. Un vote positif ce mardi serait donc un symbole fort, mais rien n’est joué. Comme le résume un député socialiste, poser des jalons fondamentaux n’est pas rien, mais l’incertitude demeure.

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