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La voix libre de Volkswagen s’éteint et les actionnaires perdent confiance

Une administratrice indépendante claque la porte après moins d’un an, alors que le constructeur automobile lutte pour redresser la barre et que ses…

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La voix libre de Volkswagen s'éteint et les actionnaires perdent confiance

Une administratrice indépendante claque la porte après moins d’un an, alors que le constructeur automobile lutte pour redresser la barre et que ses investisseurs jugent le rythme bien trop lent.

Susanne Wiegand ne rempilera pas. Cette femme d’affaires de 54 ans, ancienne patronne de Renk Group, avait rejoint le conseil de surveillance de Volkswagen en juillet dernier. Elle était la seule membre réellement indépendante d’un organe dominé par le groupe, la région de Basse‑Saxe, les syndicats et la famille Porsche‑Piëch. Sa décision de ne pas se représenter a été annoncée en pleine assemblée générale virtuelle, jeudi. Le président de l’instance, Hans Dieter Pötsch, a confirmé l’information sans cacher sa surprise.

Pour les actionnaires, ce départ est un mauvais signal. Tanja Bauer, représentante du gestionnaire de fonds Deka, a parlé d’une personne « extrêmement compétente » et d’un geste « très négatif » pour l’indépendance du contrôle. Wiegand présidait le comité d’audit chargé de surveiller les comptes et les risques. Son départ intervient alors que la rumeur d’une enquête interne, relayée par des médias allemands, évoque un groupe menacé dans son existence même.

Oliver Blume, le patron de Volkswagen, refuse de commenter ces fuites. Il assure que tout le monde s’accorde sur la nécessité de transformer l’entreprise. Mais les chiffres parlent d’eux‑mêmes. Le titre a chuté de près de 20 % depuis le début de l’année 2025. « Le marché ne croit pas à un redressement durable », insiste Tanja Bauer, qui alerte sur un risque de « déclin progressif » si la restructuration n’est pas menée avec plus de détermination.

Les difficultés s’accumulent. Volkswagen accuse un retard dans l’électrique, subit la concurrence chinoise et souffre de coûts trop élevés. Le modèle historique, qui combinait développement en Allemagne, production en Europe et vente dans le monde entier, n’est plus viable. Blume le reconnaît lui‑même. Le groupe a déjà annoncé 50 000 suppressions de postes en Allemagne, chez Volkswagen, Audi, Porsche et la division logicielle Cariad. La production mondiale doit passer sous la barre des neuf millions d’unités par an. Les sites de Dresde et d’Osnabrück vont fermer progressivement, et celui de Wolfsbourg va réduire la voilure.

Pourtant, le plan actuel ne suffit pas. Blume promet un nouveau programme, plus ambitieux, qui sera « décidé cet été ». En attendant, l’exemple du concurrent BMW, qui vient de revoir ses objectifs 2026 fortement à la baisse, montre que toute l’industrie automobile allemande vacille. Le départ de la seule voix indépendante au conseil de Volkswagen ne fait qu’ajouter à l’inquiétude.

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