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La Sécurité sociale au bord du gouffre budgétaire

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La Cour des comptes exhorte le gouvernement à engager des économies drastiques, préconisant un effort annuel de six milliards d’euros pour enrayer la spirale du déficit.

Dans son rapport annuel sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale, rendu public mercredi, la Cour des comptes dresse un constat alarmant sur l’état des finances sociales. L’institution souligne une aggravation rapide du déficit, qui a doublé en deux ans pour atteindre son niveau le plus élevé depuis 2012, hors période pandémique. Si le trou de la Sécu pour 2025 s’avère légèrement inférieur aux craintes initiales, avec 21,6 milliards d’euros, il marque tout de même une progression de 41 % par rapport à l’année précédente. Les branches maladie et vieillesse pèsent particulièrement lourd dans ce déséquilibre, tandis que le volet accidents du travail et maladies professionnelles reste marginalement déficitaire.

Face à cette dérive, les magistrats de la rue Cambon estiment que la trajectoire budgétaire actuelle est insuffisante. Le précédent plan de financement, qui tablait sur un retour sous la barre des 20 milliards d’euros en 2026, repose essentiellement sur une hausse des recettes et des transferts de l’État, sans véritable maîtrise des dépenses. Or, les tensions géopolitiques et leurs répercussions économiques pourraient encore fragiliser l’équilibre. Pour parvenir à un retour à l’équilibre d’ici 2030, la Cour préconise un effort supplémentaire de six milliards d’euros par an, qui viendrait s’ajouter aux quatre milliards déjà programmés. Trois axes sont privilégiés pour y parvenir : la réduction des dépenses d’assurance maladie, le rééquilibrage du système de retraites et l’augmentation de certaines recettes par la diminution des niches sociales ou des allègements ciblés.

Parmi les mesures envisagées pour contenir les dépenses de santé, la Cour remet sur la table le dossier sensible des franchises médicales et des participations forfaitaires. Elle propose d’élargir le champ de ces prélèvements de un à deux euros sur les remboursements, une option déjà explorée par le précédent gouvernement mais abandonnée face aux critiques. Les Sages suggèrent également de réduire les exemptions qui bénéficient actuellement aux mineurs, aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, de l’aide médicale d’État ou aux victimes d’actes de terrorisme. En ce qui concerne l’hôpital, un plan pluriannuel de transformation des parcours de soins est recommandé, avec un objectif d’économies nettes de 1,3 milliard d’euros sur quatre ans.

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