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La Russie baisse ses taux mais l’étau se resserre sur son économie

La Banque centrale russe réduit son taux directeur à 14,25%, une baisse plus timide que prévu. Un geste qui ne cache pas les fissures d’une économie…

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La Russie baisse ses taux mais l'étau se resserre sur son économie

La Banque centrale russe réduit son taux directeur à 14,25%, une baisse plus timide que prévu. Un geste qui ne cache pas les fissures d’une économie fragilisée par la guerre et les sanctions.

Derrière la décision de la Banque centrale de Russie, il y a un constat clair : l’économie russe souffle, mais elle n’est pas encore sortie du tunnel. En abaissant son taux directeur de seulement 0,25 point, la BCR envoie un signal de prudence. Les experts attendaient une baisse plus forte, mais l’institution a préféré la mesurée. Officiellement, la croissance se poursuit à un rythme modéré après un ralentissement en début d’année. Mais les chiffres racontent une autre histoire.

L’économie russe a connu un premier trimestre difficile avec une contraction de 0,2 %, son premier recul trimestriel en trois ans. La croissance pour 2025 n’a atteint que 1 %, contre 4,3 % l’année précédente. Et les prévisions pour 2026 viennent d’être revues en forte baisse : 0,4 % au lieu de 1,3 %. C’est le résultat direct de l’offensive en Ukraine, qui dure depuis plus de quatre ans. Les sanctions occidentales pèsent lourd, l’inflation reste élevée, les coûts d’emprunt sont prohibitifs et les pénuries de main-d’œuvre s’aggravent. Pendant deux ans, la BCR avait maintenu son taux à près de 20 %, alors que les dépenses militaires explosaient depuis 2022. Mais cette manne a un revers : elle a fait grimper l’inflation et freiné la croissance. Les entreprises, étranglées par des crédits trop chers, ne cessent de critiquer cette politique.

Le déficit budgétaire illustre l’urgence. Pour la première partie de 2026, il atteint déjà l’équivalent de près de 80 milliards de dollars, soit 60 % de plus que la prévision annuelle. Pour combler le trou, Moscou puise dans les poches des Russes. La TVA a été augmentée de deux points dès cette année. La Banque centrale prévient même qu’une trajectoire de taux plus élevée que prévu pourrait être nécessaire dans les trois ans à venir, en fonction de la politique budgétaire. Vladimir Poutine, lui, a tenté de minimiser la situation lors du Forum de Saint-Pétersbourg début juin. Il a reconnu une dynamique économique modérée, mais a insisté sur le renforcement de la souveraineté russe et l’élargissement des partenariats. Pendant ce temps, Kiev intensifie ses frappes sur les infrastructures énergétiques russes, avec pour objectif d’assécher la manne des exportations. Mardi et jeudi, des incendies ont ravagé une raffinerie majeure près de Moscou.

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