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La patronne qui a commandité un assassinat ne comprend toujours pas son geste

Au procès Athanor, l’ancienne dirigeante d’une usine de l’Ain assure avoir fait n’importe quoi. Elle raconte un moment de folie après une conversation…

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La patronne qui a commandité un assassinat ne comprend toujours pas son geste

Au procès Athanor, l’ancienne dirigeante d’une usine de l’Ain assure avoir fait n’importe quoi. Elle raconte un moment de folie après une conversation banale avec un ami.

Muriel Brun, ancienne co-gérante de la société Apnyl, comparaît depuis lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris. Elle est accusée d’avoir commandité l’assassinat de l’un de ses salariés, Hassan Touzani, syndicaliste et employé modèle. À la barre, elle répète qu’elle ne comprend pas son acte. « Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête », dit-elle, la voix brisée. Elle admet avoir franchi une ligne rouge sans vraiment savoir pourquoi.

Tout a commencé un 1er janvier 2020, à La Clusaz, dans les Alpes. Au petit-déjeuner, son ami Frédéric Vaglio lui glisse une phrase qui semble anodine. Il raconte que des centaines de personnes disparaissent chaque année, que des salariés peuvent partir et ne jamais revenir. Cette idée fait son chemin dans l’esprit de Muriel Brun. Elle dirige alors avec son frère une entreprise familiale de plasturgie, qui réalise 29 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais l’entreprise vient de se doter d’un comité social et économique, une nouveauté pour cette patronne peu habituée à composer avec des représentants du personnel. Le tableau noir des syndicats, dit-elle, lui a fait peur.

La cible, Hassan Touzani, est un ancien « MacGyver de l’atelier », un homme compétent et respecté. Il ne s’est jamais douté du complot. Aujourd’hui, il ne dort plus sans une hache à côté de lui. Le projet d’assassinat a été déjoué en juillet 2020, quand une tentative contre une coach en entreprise a permis de faire tomber toute l’officine criminelle. Vingt-deux personnes sont jugées jusqu’au 17 juillet. Muriel Brun, elle, affirme être hantée par son geste. « Cette culpabilité sera en moi jusqu’à la fin de mes jours », conclut-elle après six heures d’audition. « Je suis contente que M. Touzani soit vivant. »

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