Monde
La paix au Moyen-Orient fait plonger le pétrole et bondir les Bourses asiatiques
Un accord historique entre Washington et Téhéran met fin à des mois de conflit. Conséquence directe le prix du baril dégringole de près de 6% et les…


Un accord historique entre Washington et Téhéran met fin à des mois de conflit. Conséquence directe le prix du baril dégringole de près de 6% et les places financières de Tokyo à Séoul s’envolent.
Lundi matin, les marchés ont vécu une double secousse. Le baril de Brent, référence mondiale, a chuté de près de 5% à 83,10 dollars. Son homologue américain, le WTI, a dévissé de plus de 5,7% pour tomber à 80,02 dollars. Cette dégringolade a une cause claire l’annonce d’un accord de paix « immédiat et permanent » entre les États-Unis et l’Iran, confirmé par le président Donald Trump sur son réseau Truth Social. Le point crucial de cet accord est la réouverture du détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite normalement un cinquième du pétrole brut mondial. Depuis le début du conflit fin février, la circulation y était quasi paralysée, ce qui avait fait flamber les cours. La fin des hostilités, y compris au Liban, change la donne. Les investisseurs respirent, mais certains analystes rappellent que le retour à la normale dépendra du déminage et de la confiance dans la sécurité maritime.
L’effet s’est immédiatement propagé aux Bourses asiatiques, portées par l’espoir d’une baisse durable des prix de l’énergie. À Tokyo, l’indice Nikkei a grimpé de plus de 5,4% pour atteindre 69.593 points, tandis que le Topix gagnait 3,6%. La Corée du Sud n’est pas en reste le Kospi a bondi de 5,65%. Sydney a progressé de 1,28% et Taipei de 2,63%. Hong Kong, plus modéré, a avancé de 0,37%. Ce regain d’appétit pour le risque s’explique par le soulagement face à un reflux des coûts énergétiques, alors que l’inflation pesait lourdement sur le climat économique. Les analystes de Tokai Tokyo Intelligence résument l’ambiance générale l’apaisement des craintes liées à la hausse des coûts favorise les achats sur un large éventail d’actions.
Malgré l’euphorie, la prudence reste de mise. Stephen Innes, analyste chez SPI Asset Management, souligne que la prime de risque liée au détroit d’Ormuz est en train d’être réévaluée, mais qu’une vraie réouverture prendra du temps. Avant le conflit, environ 140 navires traversaient le détroit chaque jour. Le trafic s’est amélioré mais reste loin de la normale. Une véritable réouverture réduirait l’incertitude pour les transporteurs et apaiserait les marchés de l’assurance. Michael Wan, de la banque MUFG, met en garde la pérennité de l’accord dépendra des détails des conditions négociées, notamment sur l’aide financière à l’Iran. Du côté des devises, le dollar est resté stable face au yen, tandis que l’or a repris des couleurs avec une hausse de 2,46% à 4.323 dollars l’once. Les marchés attendent désormais la cérémonie de signature prévue le 19 juin à Genève.
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