Société
La grève des chaînes BFM s’installe jusqu’à dimanche
Près de 80 salariés sur 130 ont déjà cessé le travail pour protester contre la vente de leurs antennes locales. Le mouvement s’étend et bloque les…


Près de 80 salariés sur 130 ont déjà cessé le travail pour protester contre la vente de leurs antennes locales. Le mouvement s’étend et bloque les programmes en direct.
C’est un coup dur pour l’information régionale. Depuis mercredi soir, les neuf chaînes locales du groupe BFM sont paralysées par une grève massive. Les syndicats SNJ et CGT ont annoncé vendredi que le mouvement se prolongeait jusqu’à dimanche minuit. Les salariés ont massivement voté la poursuite de la mobilisation. En cause, l’annonce de la direction de CMA Media, la maison mère, de vouloir vendre ces antennes. Lyon, Marseille, Lille, Toulon, Nice, ou encore Normandie, toutes sont concernées. Les journaux et les directs ont été suspendus. Le conflit prend une ampleur rare dans le paysage audiovisuel français.
Derrière cette colère, il y a un plan d’économies brutal. CMA Media, qui possède aussi RMC, La Tribune et Brut, veut réduire ses coûts de 20 millions d’euros, soit 5% de ses dépenses. La vente des chaînes locales est un levier. La direction justifie ce choix par la nécessité d’investir dans le sport, les créateurs de contenu et les réseaux sociaux. Un plan de départs volontaires doit également être lancé chez RMC BFM, avec des discussions prévues fin août. Mais les syndicats dénoncent une décision prise sans concertation et un démantèlement de l’ancrage régional du groupe, pourtant essentiel pour des millions de téléspectateurs.
L’inquiétude dépasse le seul sort des chaînes locales. La Société des journalistes de BFMTV a elle aussi tiré la sonnette d’alarme. Elle réclame une vision à long terme, pas une série de coupes budgétaires. Le malaise est renforcé par un paradoxe. Alors que le groupe cherche à faire des économies, il recrute Sonia Mabrouk, transfuge de CNews, pour un salaire estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois. Un symbole qui passe mal chez les grévistes. Pour eux, l’argent n’est pas un problème quand il s’agit d’attirer une tête d’affiche. Mais il devient soudain rare quand il faut défendre l’emploi et les rédactions locales. La grève pourrait durer jusqu’à dimanche, mais le sentiment d’abandon, lui, ne semble pas près de s’éteindre.
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