Monde
Keiko Fujimori ou Roberto Sanchez deux visions radicalement opposées pour le Pérou à l’heure du vote décisif
L’élection présidentielle péruvienne est sur le fil du rasoir. Insécurité galopante, rancœurs du passé et peur du changement animent le dernier meeting…
L’élection présidentielle péruvienne est sur le fil du rasoir. Insécurité galopante, rancœurs du passé et peur du changement animent le dernier meeting des deux candidats avant le scrutin de dimanche.
Sur les places de Lima, les derniers meetings électoraux battent leur plein. Keiko Fujimori, 51 ans, promet une main de fer contre la criminalité. Son adversaire Roberto Sanchez, 57 ans, parle de rupture avec les élites et de justice pour les campagnes oubliées. Les deux candidats sont au coude-à-coude dans les sondages, alors qu’un électeur sur cinq n’a pas encore fait son choix. L’enjeu est immense pour un pays fragilisé par des années de crises politiques et une flambée de violence.
La sécurité est devenue l’obsession numéro un. Lima a enregistré 23 homicides pour 100 000 habitants en 2025, un chiffre trois fois plus élevé qu’il y a cinq ans. Jeanette Cordon, infirmière de 32 ans, explique qu’elle votera Keiko Fujimori parce qu’elle espère un vrai changement sur ce terrain. Pour beaucoup de Péruviens, la promesse de fermeté de l’ancienne candidate, déjà battue par le passé, est un argument fort. Mais chez les opposants, le nom même de Fujimori ravive des blessures. Le père de Keiko, Alberto Fujimori, a vaincu les guérillas et stabilisé l’économie dans les années 1990, mais il a aussi été condamné pour corruption et violations des droits humains. Cristina Sotomayor, 63 ans, n’a pas oublié cette période qu’elle qualifie de dictature totale. Elle votera pour Roberto Sanchez, qu’elle voit comme le porte-voix des régions rurales et pauvres, notamment celles de la Sierra.
Roberto Sanchez se présente comme l’homme du changement radical. Allié de l’ancien président emprisonné Pedro Castillo, il dénonce un système verrouillé par les élites et le Parlement. Ses partisans agitent drapeaux et banderoles en espérant une redistribution des richesses vers les territoires délaissés. De l’autre côté, les soutiens de Keiko Fujimori n’hésitent pas à agiter la peur du communisme et du terrorisme. Mérida Delgado Pérez, 65 ans, affirme qu’il ne faut pas laisser la gauche gagner, de peur que le Pérou ne suive l’exemple du Venezuela ou de Cuba. Dimanche, près de 27 millions d’électeurs trancheront entre ces deux récits opposés, dans une ambiance électrique où chaque voix comptera.
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