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Isaac Herzog, l’homme discret qui va peser sur l’après-élections en Israël

Le président israélien s’apprête à désigner la personnalité chargée de former le prochain gouvernement. Un rôle rarement aussi lourd pour ce diplomate de…

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Isaac Herzog, l'homme discret qui va peser sur l'après-élections en Israël

Le président israélien s’apprête à désigner la personnalité chargée de former le prochain gouvernement. Un rôle rarement aussi lourd pour ce diplomate de 66 ans, héritier d’une grande famille politique.

Après le dépouillement des trois quarts des suffrages exprimés aux législatives, la coalition de Benjamin Netanyahu devance le bloc de l’opposition. Aucune majorité ne se dessine pour autant. Isaac Herzog, président aux fonctions souvent jugées honorifiques, va devoir trancher. Il lui reviendra de désigner la personne chargée de former le prochain gouvernement, une décision qui pèsera directement sur l’avenir politique du Premier ministre.

Une fois les résultats officiels annoncés, il consultera les représentants des partis avant de choisir le candidat le mieux placé. Ce candidat ne sera pas forcément le chef de la formation arrivée en tête. La loi lui laisse une large marge de manœuvre et ne fixe pas de critères précis. Il a reconnu qu’il subirait de fortes pressions, tout en assurant que ni le président des États-Unis ni quiconque d’autre ne pourrait interférer dans sa décision. Il souhaite éviter de nouvelles élections faute de coalition et se dit prêt à soutenir un gouvernement d’union nationale entre Benjamin Netanyahu et son principal rival, Gadi Eisenkot.

Discret, diplomate et fin connaisseur des arcanes politiques, Isaac Herzog, 66 ans, appartient à l’une des plus grandes familles israéliennes, parfois comparée aux Kennedy américains. Sa mère d’origine égyptienne l’aurait surnommé Bouji, en combinant le mot français poupée et son équivalent hébreu buba. Avocat de formation, il est le fils de Chaïm Herzog, ancien chef du renseignement militaire et ambassadeur à l’ONU, président d’Israël de 1983 à 1993. Son oncle Abba Eban a été ministre des Affaires étrangères et son grand-père Isaac Halevi Herzog fut le premier grand rabbin ashkénaze de l’État.

Né à Tel-Aviv en 1960, il a grandi en partie aux États-Unis, servi dans le renseignement militaire et étudié le droit. Élu député en 2003, il a occupé plusieurs portefeuilles ministériels avant de prendre la tête d’un Parti travailliste en crise dix ans plus tard. En 2015, souvent raillé pour sa voix fluette, il a tenté de déloger Benjamin Netanyahu en incarnant une alternative modérée au très clivant Bibi. Il a échoué face à un adversaire devenu le Premier ministre à la longévité inégalée dans l’histoire d’Israël.

Élu président en 2021 à une écrasante majorité parlementaire pour un mandat de sept ans, il avait alors reçu les éloges de Yaïr Lapid, aujourd’hui dans le camp opposé à Netanyahu, qui saluait un homme digne et merveilleux, toujours soucieux du bien du pays et du peuple juif. Depuis, ses relations avec le Premier ministre ont été mises à l’épreuve, notamment autour des pressions, dont celles de Donald Trump, pour qu’il gracie Benjamin Netanyahu, poursuivi pour corruption. Lors de la crise provoquée par la réforme judiciaire du gouvernement en 2023, il a été appelé à intervenir à de nombreuses reprises, sans jamais prendre clairement position.

Sur le plan diplomatique, il a longtemps défendu une relance du dialogue israélo-palestinien. Dix jours après avoir pris la tête du Parti travailliste en 2013, il rencontrait le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie occupée. Deux ans plus tard, il promettait de réactiver le processus de paix, au point de se dire prêt à évacuer des colonies israéliennes si nécessaire. Après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, il a soutenu la guerre dévastatrice menée en riposte par Israël dans la bande de Gaza.

En mars 2026, dans un contexte régional profondément bouleversé, il a salué la guerre américano-israélienne contre l’Iran, déclenchée peu avant, et l’a qualifiée de tournant historique. Il a estimé que la cause profonde des guerres sans fin, des bains de sang et de la terreur venue de Téhéran serait bloquée et que la trajectoire de toute la région en serait transformée. Marié à une avocate et père de trois enfants, cet homme réputé peu enclin à trancher se retrouve désormais face à une décision déterminante.

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