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Genève se barricade avant l’arrivée du G7

Alors que les dirigeants du G7 se réunissent à Évian, des milliers de manifestants convergent vers Genève ce dimanche. Vingt ans après les violentes…

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Genève se barricade avant l'arrivée du G7

Alors que les dirigeants du G7 se réunissent à Évian, des milliers de manifestants convergent vers Genève ce dimanche. Vingt ans après les violentes émeutes du G8, la ville se prépare au pire et les commerçants barricadent leurs vitrines.

Ce dimanche, Genève retient son souffle. À quelques jours du sommet du G7 organisé à Évian, en France, une coalition nommée « No-G7 » appelle à une grande mobilisation. Ce regroupement d’associations, de syndicats et de partis de gauche a choisi une date symbolique le 14 juin, jour de la grève féministe en Suisse. L’objectif est clair dénoncer les politiques du G7 et ce que les organisateurs appellent « le fascisme et l’impérialisme ». Les autorités suisses ont donné leur feu vert à la marche, mais la tension est palpable. Le traumatisme des violences de 2003, lorsque des groupes avaient provoqué émeutes et pillages à Genève et Lausanne, reste vif. Cette année, personne ne veut revivre un tel chaos.

Pour éviter un nouveau fiasco, les forces de l’ordre se préparent en ordre de bataille. La Suisse mobilise jusqu’à 4000 militaires en renfort des policiers, tandis que la France déploie près de 16 000 agents autour d’Évian. Côté helvétique, 25 des 35 postes-frontières sont fermés depuis jeudi soir, provoquant des embouteillages des deux côtés. Les commerçants genevois, eux, ont pris les devants. Des plaques de bois aggloméré recouvrent de nombreuses vitrines, même dans des quartiers éloignés du parcours de la manifestation. Les Hôpitaux universitaires de Genève ont même installé des tentes d’urgence devant leur entrée, par précaution. Plusieurs compétitions sportives et rassemblements ont été annulés. La peur d’un afflux de blessés est réelle.

Pourtant, la coalition tente de rassurer. Alice Lefrançois, porte-parole du No-G7, promet un service d’ordre pour protéger les participants et annonce un espace dédié aux familles. Elle espère « un moment plutôt sympathique ». Mais l’ambiance reste lourde. De l’autre côté de la frontière, en France, les altermondialistes ont renoncé à organiser un contre-sommet à Annemasse, refroidis par les contraintes administratives. Une décision que regrette Carole-Anne Kast, ministre genevoise de la Sécurité. Elle aurait aimé que la France offre des espaces de dialogue de son côté. Genève, elle, accueillera un « contre-sommet » dans des locaux associatifs. Mais la ville entière sait que ce week-end ne sera pas ordinaire entre la mémoire des émeutes passées et les mesures de sécurité exceptionnelles, l’inquiétude reste la plus forte.

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