Planète
Ebola a pris une longueur d’avance, l’OMS reconnaît être en retard sur le terrain
Le virus circule plus vite que les équipes de riposte. L’Organisation mondiale de la santé admet que l’épidémie en Afrique centrale a bénéficié d’une…
Le virus circule plus vite que les équipes de riposte. L’Organisation mondiale de la santé admet que l’épidémie en Afrique centrale a bénéficié d’une avance préoccupante, même si les efforts commencent à porter leurs fruits.
Encore un aveu de retard. Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a donné le ton mercredi depuis Genève. Sur les personnes ayant eu un contact avec des malades d’Ebola, seulement 45% sont suivies actuellement. Pour espérer enrayer l’épidémie, il faudrait dépasser les 90%. Le virus a donc filé entre les mailles du filet pendant un moment. En cause, une détection tardive des premiers cas, des zones marquées par l’insécurité, une méfiance tenace d’une partie de la population, et l’absence de vaccin disponible. Tedros s’est tout de même dit encouragé par l’engagement constaté sur place en République démocratique du Congo, pays qui en est à sa 17e épidémie d’Ebola.
Sur le terrain, la situation chiffrée reste tendue. En RDC, 344 cas confirmés ont été recensés, dont 60 décès. Ils sont répartis dans 24 zones sanitaires à travers trois provinces. Les cas suspects ont fortement baissé, passant de plus de mille à 116, ce qui montre que les équipes gagnent en précision. En Ouganda voisin, un décès confirmé et 15 cas ont été signalés, dont un résident congolais qui a voyagé jusqu’aux Émirats arabes unis avant de revenir. L’OMS enquête avec les autorités locales pour remonter la chaîne de contamination. Un citoyen américain contaminé en RDC est lui toujours soigné en Allemagne. Côté riposte, des centres de traitement sortent de terre à Bunia, Beni, Goma ou Bukavu. L’organisation promet aussi de décentraliser les labos pour atteindre 1000 tests par jour dans cinq sites dès la semaine prochaine.
Tedros a profité de son intervention pour envoyer un message clair aux pays qui imposent des restrictions de voyage générales à cause d’Ebola. Il les appelle à y renoncer, car ces mesures bloquent les équipes et le matériel nécessaires pour contenir le virus. À la place, il recommande un dépistage systématique à la sortie des aéroports, des ports et des postes frontaliers. Le risque mondial reste faible selon l’OMS, mais le niveau national est considéré comme très élevé et le régional comme élevé. Pour financer les trois premiers mois de la riposte, l’organisation a besoin de 115 millions de dollars. Pour l’instant, seulement 35% de cette somme est couverte. Le message du chef de l’OMS est sans appel le vrai succès ne se mesurera pas à l’arrêt de l’épidémie, mais à la vitesse à laquelle on y parvient.
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