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Drones abattus à Ormuz la fragile paix vacille
L’armée américaine a intercepté plusieurs drones iraniens qui ciblaient des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Un incident qui ravive les…


L’armée américaine a intercepté plusieurs drones iraniens qui ciblaient des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Un incident qui ravive les tensions alors que les espoirs d’un accord de paix au Moyen-Orient n’ont jamais été aussi hauts.
Les forces américaines ont abattu ces derniers heures une série de drones lancés par l’Iran. Selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, ces engins visaient délibérément des bateaux de commerce traversant le détroit d’Ormuz, l’une des routes maritimes les plus stratégiques pour le transport de pétrole dans le monde. Le trafic est resté fluide et aucun navire n’a été touché. Mais l’attaque montre à quel point la situation reste explosive. Elle intervient au moment précis où les parties engagées dans des négociations de paix affichaient un optimisme rare. Le médiateur pakistanais, le chef de la diplomatie iranienne et des responsables américains ont tous laissé entendre qu’un accord était proche. Shehbaz Sharif, le Premier ministre du Pakistan, a même déclaré que la paix n’avait jamais été aussi proche.
Pourtant, derrière ces déclarations enthousiastes, les versions de ce que contiendrait l’accord divergent profondément. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a assuré que la signature pourrait intervenir dans les prochains jours. Il a évoqué la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d’Ormuz. Mais il a aussi tempéré en rappelant que rien n’était définitif tant que toutes les questions n’étaient pas tranchées. À Washington, un haut responsable a estimé la probabilité d’un accord-cadre à 80 ou 85 pour cent. Il a prévenu que la ligne d’arrivée n’était pas encore franchie. Le président américain lui-même est sorti de son silence sur son réseau Truth Social. Il a dénoncé avec colère des fuites iraniennes dans les médias, affirmant que les termes divulgués n’avaient rien à voir avec ce qui avait été convenu par écrit. Les marchés, eux, semblent croire à une issue positive. Le prix du pétrole est passé sous la barre des 90 dollars le baril vendredi.
Les points de blocage restent nombreux et épineux. Sur le nucléaire, l’Iran propose de diluer ses stocks d’uranium enrichi à 60 pour cent pour les ramener à un taux inférieur à 5 pour cent. Les États-Unis exigent un démantèlement complet du programme nucléaire et la destruction de l’uranium hautement enrichi sur place. Sur les avoirs financiers, Téhéran réclame le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds gelés à l’étranger. Le vice-président américain a répondu sèchement sur X que les Iraniens ne recevraient pas d’argent simplement pour avoir participé à une réunion. Enfin, le front libanais divise. L’Iran insiste pour inclure le Liban et le Hezbollah dans l’accord, alors que les États-Unis voulaient jusqu’ici traiter ce dossier séparément. Depuis l’entrée en guerre du Hezbollah en soutien à l’Iran, les frappes israéliennes ont fait plus de 3 700 morts au Liban. La signature de l’accord pourrait avoir lieu en Suisse ou à distance. Mais les écarts entre les positions restent si grands que la paix, même proche, semble encore fragile.
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