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Deux minutes ont suffi pour tout emporter dans l’Himalaya

Le 26 août, une coulée d’eau glacée et de boue a ravagé des vallées himalayennes. Des dizaines de milliers de survivants se retrouvent sans ressources, et…

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Deux minutes ont suffi pour tout emporter dans l’Himalaya

Le 26 août, une coulée d’eau glacée et de boue a ravagé des vallées himalayennes. Des dizaines de milliers de survivants se retrouvent sans ressources, et l’ONU supplie les pays d’agir sans attendre.

Le 26 août, le long de la frontière entre le Népal et la Chine, une coulée d’eau glacée, de boue et de rochers a frappé avec une violence foudroyante. Des vallées entières ont été rayées des cartes en quelques minutes. Les habitants n’ont rien pu sauver. Onze jours plus tard, les bilans sont terriblement lourds. Au moins 1 384 personnes ont perdu la vie, dont 1 341 au Népal et 43 dans la région tibétaine de la Chine. Plus de 5 500 personnes restent portées disparues.

Lila Pieters Yahia coordonne les agences des Nations unies au Népal. Elle est au plus près des survivants et décrit des scènes de désolation. En une ou deux minutes, raconte-t-elle, une famille peut perdre son logement, ses proches et la personne qui faisait vivre le foyer. Plus de 80 000 personnes se retrouvent démunies, sans toit, sans biens, sans perspective immédiate.

La plus grande difficulté, c’est l’accès aux sinistrés. Les routes et les ponts ont été arrachés, isolant les vallées les plus touchées. Un trajet qui prenait deux heures peut désormais durer une journée entière. Dès qu’une solution de ravitaillement se dessine, une nouvelle complication surgit. Les glissements de terrain menacent toujours et la mousson n’est pas terminée. Nourriture, eau potable, abris provisoires, tout doit être acheminé dans des conditions extrêmes.

La menace sanitaire s’ajoute à la détresse logistique. Dans les centres d’accueil, l’hygiène se dégrade dangereusement. Les autorités recensent au moins 5 000 têtes de bétail et 20 000 volailles mortes dans la crue, un terrain favorable aux maladies contagieuses. Lila Pieters Yahia n’écarte pas le risque de choléra si l’assainissement n’est pas rapidement amélioré. Elle s’inquiète aussi pour la sécurité des femmes dans ces dispositifs d’urgence.

L’ONU évalue les besoins immédiats à près de 50 millions de dollars. Le Népal compte environ 30 millions d’habitants et ne peut pas absorber seul un choc d’une telle ampleur. Il est temps de venir en aide à ces gens, maintenant, martèle la coordinatrice. Alors que des milliers de familles attendent encore des réponses, le monde ne peut pas détourner le regard.

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