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Des moustiques mâles stérilisés aux rayons X pour casser le cycle du tigre
Chaque semaine, des centaines de milliers de moustiques tigres mâles sont irradiés puis largués dans les rues. Objectif s’accoupler avec les femelles pour…


Chaque semaine, des centaines de milliers de moustiques tigres mâles sont irradiés puis largués dans les rues. Objectif s’accoupler avec les femelles pour ne produire que des œufs vides et stopper la reproduction.
Dans une usine de Montpellier, des millions de moustiques tigres mâles grandissent dans des armoires vitrées. Leur destin passer sous une machine à rayons X qui stérilise leurs spermatozoïdes sans les tuer. Une fois libérés en zone urbaine, ils partent à la recherche de femelles. S’ils s’accouplent, les œufs pondus seront vides. La génération suivante disparaît. Cette méthode dite de l’insecte stérile existe depuis un demi-siècle dans l’agriculture. Elle connaît un regain d’intérêt face à l’expansion du moustique tigre, apparu en France en 2004 et désormais installé dans 83 départements. Le réchauffement climatique accélère sa propagation et avec elle les risques de dengue et de chikungunya.
Mais passer à l’échelle industrielle est un défi. La start-up montpelliéraine, créée en 2024, produit actuellement 1,5 million de moustiques stériles par semaine et veut atteindre 40 millions d’ici deux ans. Une cinquantaine de projets similaires existent dans le monde. D’autres techniques concurrentes émergent, comme l’infection par la bactérie Wolbachia. Celle-ci empêche le moustique de transmettre les virus sans le stériliser. Au Brésil, une usine produit déjà 100 millions d’œufs par semaine. Pour les spécialistes, ces solutions ne s’opposent pas, elles se complètent. La méthode Wolbachia agit en urgence sanitaire, tandis que la stérilisation s’inscrit dans la durée.
Les obstacles restent nombreux. Le coût des lâchers est élevé par exemple une expérimentation à Montpellier a coûté 70 000 euros et les municipalités réclament un financement de l’État ou des agences régionales. Le cadre réglementaire est flou le moustique stérile n’est ni un biocide ni un OGM, ce qui freine les investisseurs privés. Pourtant, les premiers résultats sont encourageants. À Brive-la-Gaillarde, un lâcher de 11 millions de moustiques en mai 2025 a stérilisé la moitié des œufs, avec l’espoir d’atteindre 90 % d’ici l’été 2026. L’objectif n’est pas d’éradiquer l’espèce mais de réduire fortement sa densité. En 2025, année record, la France a enregistré 809 cas autochtones de chikungunya et 30 cas de dengue. Certains chercheurs imaginent déjà un futur où chacun pourrait acheter un petit gobelet de moustiques stériles à relâcher dans son jardin. Produire plusieurs milliards de ces insectes est jugé possible si le marché parvient à se structurer.





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