Politique
Des militants en route vers Gaza racontent l’enfer d’une interception en mer
Interceptés par l’armée israélienne alors qu’ils tentaient d’acheminer de l’aide humanitaire, des dizaines d’activistes disent avoir subi des violences…


Interceptés par l’armée israélienne alors qu’ils tentaient d’acheminer de l’aide humanitaire, des dizaines d’activistes disent avoir subi des violences, des humiliations et des agressions sexuelles. Des enquêtes pour tortures sont ouvertes en France et en Italie.
C’était en mai dernier. Une trentaine de militants français, parmi plus de 400 activistes venus de plusieurs pays, embarquent à bord de bateaux chargés de fournitures scolaires, de lait infantile et de médicaments. Leur objectif est clair forcer le blocus de Gaza pour livrer cette aide. Mais leur flottille est interceptée en eaux internationales par les forces israéliennes. Ce qui devait être une action humanitaire se transforme en cauchemar.
Les témoignages recueillis auprès des rescapés décrivent une scène de violence méthodique. Sur le navire Peluxo, un voilier civil, les militants sont tirés hors de leur embarcation, mains attachées dans le dos. « J’ai cru qu’on m’avait arraché le bras », raconte une infirmière niçoise. Regroupés sur un « bateau prison », ils sont forcés à marcher tête baissée, mains sur la nuque, avant d’être allongés dans une eau de mer stagnante. Certains sont électrocutés au taser, d’autres frappés à coup de poing et de crosse. L’un des militants australiens se souvient avoir été roué de coups alors qu’il était à terre, sous les rires des soldats.
Les violences les plus graves auraient eu lieu dans l’obscurité d’un conteneur métallique. À l’intérieur, plusieurs activistes disent avoir subi des attouchements sexuels, des palpations forcées et des tentatives de déshabillage. Une Française de 38 ans décrit une scène où des soldats cagoulés la frappent au visage et palpent ses seins et ses fesses à travers son t-shirt. « J’avais peur qu’ils me tuent », confie-t-elle. Une autre infirmière raconte avoir entendu un collègue gémir sous les coups, avant d’être elle-même projetée au sol, où un soldat tente de lui arracher la culotte. L’armée israélienne rejette ces accusations, affirmant garantir un « traitement respectueux et approprié ».
Après plusieurs jours de détention sur ces bateaux prisonniers, les militants sont débarqués en Israël et transférés à la prison de Ktziot. Là encore, ils décrivent des insultes, des humiliations et des violences physiques. Un travailleur social allemand raconte que sa tête a été cognée contre un poteau de tente. « Cruel, sadique et inhumain », résume-t-il. De retour dans leurs pays, plusieurs activistes ont porté plainte. La France et l’Italie ont ouvert des enquêtes judiciaires pour tortures et crimes de guerre. L’Australie a annoncé une enquête indépendante. Pour ces militants, l’horreur vécue en mer n’est qu’un reflet de ce que subissent chaque jour les prisonniers palestiniens. « Si on parle, ce n’est pas pour nous, c’est pour eux », insiste l’une des rescapées.
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