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Des arbres à la place du bitume les écoles lilloises gagnent en fraîcheur

À Lille les cours d’école perdent leur asphalte pour faire baisser la température. Un changement qui apaise aussi le climat scolaire mais bute sur le…

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Des arbres à la place du bitume les écoles lilloises gagnent en fraîcheur

À Lille les cours d’école perdent leur asphalte pour faire baisser la température. Un changement qui apaise aussi le climat scolaire mais bute sur le manque de moyens et de stratégie nationale.

Quand le thermomètre frôle les 30 degrés dès le mois de mai, les enfants de l’école maternelle André peuvent jouer à l’ombre des arbres au lieu de transpirer sur un revêtement brûlant. Leur cour a été transformée : des dalles poreuses laissent l’eau s’infiltrer, des copeaux de bois remplacent le bitume, et des plantations suivent le rythme des saisons. Depuis la rentrée 2024, cette école fait partie des 17 établissements lillois sur 80 à avoir dit adieu au bitume. Résultat, selon des relevés locaux, la température de l’air baisse de 2 à 4 degrés dans les zones végétalisées par rapport aux cours minérales. Une différence sensible pour le confort des élèves et la qualité de l’air.

Pourtant, tout ne se joue pas sur un simple tapis vert. La végétalisation a ses limites et demande des ajustements. L’hiver dans le Nord, une pelouse se transforme en gadoue. Certaines écoles ont dû installer des bacs pour que les enfants ne dispersent pas les copeaux de bois. À l’école André, un préau en dur a été ajouté pour garantir un ombrage supplémentaire, et le bâtiment a été rénové avec des stores extérieurs. Car verdir la cour ne suffit pas si les salles de classe restent des fournaises. Les directeurs d’école le rappellent : il faut une adaptation globale, des murs aux fenêtres, pour que les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes ne perturbent pas les apprentissages.

Ces chantiers coûtent cher. La mairie de Lille y consacre 1,2 million d’euros par an, un budget conséquent mais pas extensible. Les collectivités doivent souvent jongler entre plusieurs guichets de financement, aux critères variables. Et faute de relevés de température précis dans chaque école, il est difficile de mesurer l’efficacité réelle des investissements. Les experts insistent : il n’existe pas de solution unique, chaque quartier demande un mélange sur mesure de végétalisation, de matériaux poreux et d’ombrage. Mais sans objectifs nationaux clairs ni soutien massif de l’État, les avancées restent au coup par coup. Un fonds vert existe depuis 2023 pour la rénovation des bâtiments scolaires, mais il ne couvre pas tout. Et en plus de la chaleur, il faut aussi penser aux inondations : désimperméabiliser les cours aide à mieux gérer les eaux de pluie, un avantage de taille face aux orages violents qui s’annoncent.

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