Économie
De l’anti-moustique au contre-drone, la spectaculaire reconversion d’une pépite australienne


Née d’une idée insolite, la société DroneShield est devenue un acteur majeur de la défense en se spécialisant dans la neutralisation des drones, une menace désormais omniprésente sur les théâtres d’opérations modernes.
L’engin, au design futuriste, évoque davantage un accessoire de film de science-fiction qu’une arme conventionnelle. Pourtant, ce fusil est conçu pour abattre des drones avec une efficacité redoutable, à des années-lumière du projet initial de ses concepteurs qui visaient à éliminer les moustiques dans les chambres à coucher. Cette évolution symbolise la métamorphose de l’entreprise australienne DroneShield, désormais en première ligne face à la prolifération des aéronefs sans pilote.
Ces appareils, qu’ils soient utilisés pour le renseignement, le brouillage ou les attaques directes, sont devenus une composante incontournable des conflits contemporains, de l’Ukraine à la mer Rouge. Cette nouvelle donne offre un marché en pleine expansion à des sociétés comme DroneShield, dont le siège est établi à Sydney. Son dirigeant, Oleg Vornik, estime que les drones figureront systématiquement dans l’arsenal des belligérants, aux côtés des chars et de l’artillerie, rendant indispensable le développement de systèmes de contre-mesures dédiés.
Lors de démonstrations techniques, l’utilisation du « DroneGun » semble d’une simplicité déconcertante. Pointé vers une cible, l’appareil émet des ondes radio qui désorientent le drone, le contraignant à atterrir ou à s’écraser. Toutefois, la réalité du champ de bataille est bien plus complexe. La détection précoce reste le principal défi, car repérer un drone signifie souvent qu’il est déjà trop proche et que la menace est imminente. La technologie de DroneShield intègre donc des capacités de surveillance pour scanner l’espace aérien et identifier les menaces potentielles, offrant ainsi un délai de réaction crucial.
La valorisation boursière de l’entreprise a connu une croissance exponentielle, dépassant les trois cents pour cent sur une année, faisant d’elle la société de défense la plus importante d’Australie. Cette ascension fulgurante interroge certains observateurs sur sa pérennité, évoquant un possible effet de mode amplifié par les réseaux sociaux. Des cessions d’actions par son dirigeant ont également alimenté les spéculations, bien que ce dernier ait invoqué des motivations strictement personnelles et fiscales. Il reconnaît volontiers le profil à haut risque et haut rendement de son activité.
Si les zones de conflit actives représentent encore une part modeste de son chiffre d’affaires, les applications civiles des systèmes anti-drones constituent un débouché prometteur. La sécurisation des aéroports, régulièrement perturbés par des intrusions, ou la prévention de la contrebande par drones autour des prisons, illustrent cette diversification. Les drones ont profondément modifié la conduite des hostilités, offrant des capacités à un coût et avec une flexibilité inédits. Pour les industriels de la défense, l’enjeu consiste à s’adapter en permanence à cette évolution rapide des tactiques, une constante dans l’histoire militaire où chaque innovation appelle sa parade.





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