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Caracas en ébullition à la veille des négociations sous œil américain

Des milliers de Vénézuéliens ont manifesté mardi dans les rues de Caracas, à quelques jours de pourparlers très attendus sous supervision américaine.…

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Caracas en ébullition à la veille des négociations sous œil américain

Des milliers de Vénézuéliens ont manifesté mardi dans les rues de Caracas, à quelques jours de pourparlers très attendus sous supervision américaine. L’opposition réclame des élections libres, tandis que les partisans du pouvoir dénoncent un dialogue imposé de l’extérieur.

Ça s’agite au Venezuela. Mardi, les rues de la capitale ont vu défiler deux cortèges bien distincts. D’un côté, les partisans de l’opposition, qui exigent un retour aux urnes. De l’autre, des militants pro-pouvoir, qui expriment leur colère face à ce qu’ils considèrent comme une ingérence américaine. Tout cela se passe juste avant l’ouverture de négociations prévues le 1er août, censées organiser une transition politique sous l’égide des États-Unis.

L’opposition, menée en exil par Maria Corina Machado, n’a pas été officiellement invitée à la table des discussions. Mais la prix Nobel de la paix a tenu à rassurer : elle ne bloquera pas le processus. Dans une vidéo diffusée aux manifestants, elle a appelé le peuple à se lever et à prendre la transition en main. Ses partisans, eux, ont scandé des slogans clairs : « élections maintenant ! » Henry Alviarez, porte-parole du parti de Machado, a résumé l’état d’esprit : si les Vénézuéliens veulent un changement, il faut passer par des élections. La mobilisation coïncide d’ailleurs avec le deuxième anniversaire de la présidentielle de 2024, une élection dont les résultats contestés n’ont jamais été publiés en détail par le Conseil national électoral, qui a invoqué une attaque informatique.

Côté pro-pouvoir, le ton est tout autre. Les militants dénoncent un dialogue mené « avec un pistolet américain sur la tempe ». Ils accusent la présidente par intérim Delcy Rodriguez d’avoir accepté une tutelle étrangère depuis la capture de Nicolas Maduro. Un fonctionnaire de 45 ans, qui se dit chaviste radical, a exprimé son indignation : comment négocier avec ceux qui ont bombardé le pays et tué des Vénézuéliens lors de l’opération militaire du 3 janvier ? Une retraitée de 70 ans résume le sentiment général : les mains sont liées. Pendant ce temps, Donald Trump a répété que le Venezuela n’est pas prêt pour de nouvelles élections et a salué le travail de Rodriguez, tout en gardant la priorité sur le développement économique après le séisme de juin qui a fait plus de 5 500 morts. Mais pour beaucoup d’opposants, comme ce manifestant de 64 ans, les dialogues ne servent qu’à gagner du temps. Ils veulent des actes, pas des promesses.

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