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Canicules à répétition pourquoi la clim’ n’est plus un tabou en France

Les épisodes de chaleur extrême se multiplient et avec eux l’équipement des foyers. Pourtant, la climatisation reste un sujet clivant entre nécessité et…

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Canicules à répétition pourquoi la clim' n'est plus un tabou en France

Les épisodes de chaleur extrême se multiplient et avec eux l’équipement des foyers. Pourtant, la climatisation reste un sujet clivant entre nécessité et inquiétudes écologiques.

Dans les logements français, la climatisation gagne du terrain à une vitesse rare. En deux ans, le taux d’équipement a bondi d’un tiers. Il est passé de 18 % en 2023 à 24 % en 2025. Derrière ces chiffres, il y a des histoires comme celle d’Adem, 25 ans, conseiller de vente et comédien. Son studio parisien sous les combles, seulement 12 mètres carrés, atteignait jusqu’à 35 degrés. Il a craqué pour un climatiseur mobile. Il parle d’une question de survie et regrette l’inaction de l’État, même s’il reconnaît les effets secondaires pour la planète.

Ce choix n’est pas isolé, mais il se heurte encore à une image dégradée. Moins de deux Français sur dix jugent la climatisation respectueuse de l’environnement, selon un sondage Ipsos de juin. Pourtant, le débat politique lui-même a évolué. Marine Le Pen appelle à un grand plan clim. Jean-Luc Mélenchon prévient que climatiser partout aggraverait les dégâts. L’écologiste Marine Tondelier y voit une solution parmi d’autres. Et la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, défend une climatisation partout où c’est nécessaire. Il y a un an, sa prédécesseure Agnès Pannier-Runacher parlait encore de mal-adaptation. Les positions se sont rapprochées du réel.

Les experts appellent à ne pas tout miser sur la clim. L’urbaniste Clément Gaillard rappelle qu’elle n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle devient problématique si on compte exclusivement dessus. En France, l’électricité est largement décarbonée, donc l’impact climatique direct est limité. Restent d’autres problèmes. Les fluides frigorigènes restent polluants, même si la réglementation a réduit leur impact. Surtout, la chaleur extraite des logements rejetée dans la rue peut aggraver localement les îlots de chaleur urbains. Des études à Lyon ont montré que des climatiseurs installés en façade pouvaient augmenter la température de l’air de 1,75 degré dans le quartier. La nuit, ce phénomène freine le refroidissement des villes, alors que les nuits tropicales se multiplient. Les spécialistes reconnaissent que les solutions passives ne suffisent pas toujours face à ces canicules extrêmes. Des modélisations pour Paris en 2070-2100 montrent que remplacer toute la clim par des espaces verts et des rénovations exposerait les habitants à six heures par jour de température ressentie au-dessus de 32 degrés.

Alors, que faire ? Les experts insistent sur la sobriété d’abord. Volets, stores, ventilateurs de plafond peuvent limiter le recours à la clim. L’isolation des bâtiments est aussi cruciale, mais mal pensée elle peut aggraver la situation. Les immeubles modernes très vitrés et mal orientés sont des pièges à chaleur. Même les logements récents bien isolés pour l’hiver peuvent monter en température plus vite si l’isolation est par l’intérieur. À l’échelle collective, les réseaux de froid urbain, comme à Paris, limitent les rejets de chaleur dans les rues. Mais ils restent inaccessibles aux particuliers. La chaleur a tué environ 5 700 personnes en France l’été dernier. L’Agence internationale de l’énergie estime que la climatisation sauve des vies 190 000 dans le monde entre 2019 et 2021. Le dilemme est posé entre urgence sanitaire et impératif écologique. La solution ne sera pas unique, mais faite de compromis, d’équipements mieux utilisés et de bâtiments repensés.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. betflik auto

    24 juin 2026 at 12 h 22 min

    Healthy living with collagen-powered care.

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