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Buenos Aires sous tension après une manif contre une loi sur la propriété privée

Des affrontements ont éclaté jeudi soir devant le Sénat argentin. Au centre de la colère, un projet de loi qui facilite les expulsions et inquiète sur la…

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Buenos Aires sous tension après une manif contre une loi sur la propriété privée

Des affrontements ont éclaté jeudi soir devant le Sénat argentin. Au centre de la colère, un projet de loi qui facilite les expulsions et inquiète sur la vente des terres aux étrangers.

Jeudi, à Buenos Aires, la nuit est tombée sur des scènes de chaos. Plusieurs groupes de manifestants ont lancé des pierres et des projectiles vers les forces de l’ordre, place du Parlement. La police a répondu par du gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc et un canon à eau. Le bilan reste flou, mais des médias locaux évoquent au moins deux policiers et un manifestant blessés, une photographe touchée à la tête, et dix personnes interpellées. Les accrochages ont duré plus de deux heures, avant que la place ne soit finalement dégagée vers 20 heures.

Avant cette fin tendue, quelques milliers de personnes avaient défilé sous la pluie et le vent. Syndicats, partis de gauche et mouvements sociaux scandaient tous le même slogan, « La patrie n’est pas à vendre ». Ils protestaient contre un texte examiné au Sénat, baptisé « Inviolabilité de la propriété privée ». Concrètement, ce projet facilite les procédures d’expulsion en cas d’impayés et complique les expropriations par l’État. Il assouplit aussi le changement d’usage de certaines terres rurales, y compris celles qui ont brûlé par le passé.

Le point le plus polémique a finalement été retiré. Le gouvernement ultralibéral de Javier Milei voulait relever de 15 à 25% le seuil de terres qu’une personne ou une entreprise étrangère peut acheter dans le pays. Face à l’opposition, il a dû faire machine arrière. Mais la méfiance reste immense. Des chercheurs estiment que près de 5% du territoire argentin, une surface presque égale à l’Angleterre, appartient déjà à des propriétaires étrangers. Dans certaines régions, notamment celles riches en eau, en minerais ou en ports, ce seuil serait déjà dépassé.

Dans la foule, Carlos Miño, 67 ans, ne cache pas son amertume. « Presque tout le projet va dans le même sens, dit-il. C’est livrer nos biens, ce qui nous appartient. » Le débat au Sénat devait se poursuivre tard dans la nuit, et le texte doit encore passer par la Chambre des députés. La mobilisation, elle, ne semble pas prête de s’éteindre.

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