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Bruxelles accueille des représentants talibans une première qui enflamme les débats
Des responsables de l’administration talibane sont assis à la table de l’Union européenne pour négocier le retour d’exilés afghans. Une rencontre…

Des responsables de l’administration talibane sont assis à la table de l’Union européenne pour négocier le retour d’exilés afghans. Une rencontre technique mais très politique, qui provoque un tollé chez les défenseurs des droits humains.
L’Union européenne a franchi un cap symbolique en recevant mardi des représentants talibans dans ses locaux bruxellois. Jamais depuis leur retour au pouvoir en 2021, les autorités de Kaboul n’avaient été conviées dans la capitale européenne. Cette réunion, qualifiée de technique par la Commission, portait sur un sujet sensible le renvoi d’Afghans déboutés du droit d’asile ou considérés comme dangereux. Quinze États membres ont participé aux échanges, qui font suite à une première série de discussions à Kaboul en janvier 2026. L’objectif préciser les modalités d’identification des personnes à rapatrier, délivrer les documents de voyage nécessaires et organiser leur retour.
Cette main tendue a immédiatement suscité une vive indignation. La militante pakistanaise Malala Yousafzai, prix Nobel de la paix, s’est dite profondément troublée par cette initiative. Elle dénonce un régime qui continue de réprimer les femmes avec une violence inouïe arrestations, passages à tabac, exécutions pour celles qui osent protester. Amnesty International a organisé un rassemblement devant la Commission européenne. Human Rights Watch dénonce une contradiction flagrante condamner les exactions des talibans d’un côté, tout en coopérant avec eux sur les retours forcés de l’autre. Pour ces ONG, l’Union européenne sape sa propre crédibilité en acceptant de négocier avec un pouvoir qu’elle refuse pourtant de reconnaître officiellement.
Derrière ces tractations, un chiffre donne le vertige près d’un million de demandes d’asile déposées par des Afghans dans l’UE entre 2013 et 2024. Seulement la moitié environ ont été acceptées. Une vingtaine de pays européens poussent désormais pour trouver des solutions concrètes afin de renvoyer ces exilés, en particulier les criminels ou les individus jugés dangereux. La Commission insiste sur le caractère purement technique de la rencontre et rappelle qu’elle ne constitue en rien une reconnaissance du régime taliban. Mais le précédent est là des fonctionnaires européens et des représentants du gouvernement de Kaboul ont échangé, négocié, planifié. Le porte-parole de la Commission a salué une réunion constructive, laissant espérer des évolutions positives. Reste à savoir si ce pragmatisme migratoire ne vient pas, comme le craignent les défenseurs des droits, légitimer un pouvoir aux méthodes brutales.

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